La Québécoise Magdeleine Vallieres est championne du monde de cyclisme sur route
Il s’agit d’une énorme surprise pour la cycliste de 24 ans, qui a battu toutes les favorites

Jean-François Racine
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La Québécoise Magdeleine Vallieres, de Sherbrooke, a remporté le titre de championne du monde de cyclisme sur route samedi, à Kigali.
Il s’agit d’une énorme surprise pour la cycliste de 24 ans, qui a battu toutes les favorites au Rwanda.
Le sport cycliste peut provoquer des moments magiques. Au gré d’une accélération, lorsque les astres sont alignés, les circonstances de course peuvent créer la journée d’une vie. Et celle de Vallieres risque de changer considérablement.
«Je n’y crois pas encore à 100%. On verra dans les prochains jours. Souvent, on a des rêves, mais ça ne veut pas dire qu’ils vont se réaliser», a lancé la championne en entrevue avec Le Journal, quelques heures après sa victoire.
Dans une situation inédite, Vallieres rafle ainsi le premier titre de championne du monde pour une cycliste canadienne. À la course en ligne, Alison Sydor et Linda Jackson avaient remporté le bronze dans les années 1990.
Des émotions fortes
«Absolument superbe! Absolument remarquable!» a hurlé le descripteur encore sous le choc de voir une Canadienne croiser la première le fil d’arrivée.
Dans le dernier tour, avec une vingtaine de secondes d’avance, la Québécoise a commencé à y croire.
«Si on y allait all in, c’était possible. Dans la dernière bosse, j’ai attaqué et je suis allée à 100% jusqu’au finish. Je ne voulais pas avoir de regrets. À la flamme rouge, je pensais encore qu’ils pouvaient me rattraper.»
L’athlète portera donc le maillot arc-en-ciel pour la prochaine année. Un vélo au design hors du commun l’attend aussi.
Avant la course, Vallieres avait mentionné qu’elle souhaitait obtenir un top 10. «Gagner ça serait bien. Personne n’a ri. Je me trouvais un peu intense mais les filles croyaient en moi.»
Issue d’une échappée de dix coureuses, la Canadienne de 24 ans a profité du surplace des plus grands noms, dont la Française Pauline Ferrand-Prévot, qui se sont neutralisés avant de se réveiller trop tard pour rattraper la tête de la course.
Son attaque sur les pavés, avec deux kilomètres à faire, a été fatale pour ses adversaires. Vallieres a ensuite réussi à prolonger son effort pendant plus de cinq interminables minutes.

Stupéfaite
«Je n’arrive pas à y croire. Ça va prendre un peu de temps à réaliser. C’est fou!» a balbutié Vallieres à l’arrivée, qu’elle a ralliée avec 23 et 27 secondes d’avance sur Fisher-Black et Garcia, respectivement, après avoir attaqué au pied de la côte pavée de Kimihurura, à un peu plus de deux kilomètres du but.
La nouvelle championne du monde ne trouvait pas les mots au micro officiel du diffuseur.
«C’était un rêve mais il y a tellement de filles fortes. J’étais dans les bons moves. La chance était avec moi aujourd’hui.»
Un peu avant, Vallieres était enlacée par sa coéquipière Alison Jackson, la championne canadienne, qui répétait en anglais: «La meilleure au monde!».
«Les filles croyaient en moi alors j’ai cru en moi!» a ajouté la vainqueure.
Derrière, les favorites, dont Demi Vollering et Marlen Reusser, sont arrivées plus d’une minute et demie plus tard.
Pauline Ferrand-Prévot, la principale tête d’affiche, s’est même complètement relevée à la fin pour terminer seulement 16e à 1min50s, trois places derrière Juliette Labous, meilleure Française.

Le petit peloton des principales leaders s’est retrouvé quasiment à l’arrêt à environ 25km de l’arrivée, derrière un groupe de tête de dix coureuses et trois autres concurrentes en contre.
Les grandes nations avaient toutes une équipière à l’avant, mais, lorsqu’elles ont réalisé que le bon train était parti, il était déjà trop tard.
Marlen Reusser, sacrée championne du monde du contre-la-montre dimanche dernier, s’est lancée dans un raid désespéré à l’entame du dernier des onze tours de circuit. Pauline Ferrand-Prévot aussi a tenté de passer à l’attaque, mais en vain.

Un palmarès à bâtir
Devant, Magdeleine Vallieres en a profité pour créer la sensation, elle qui n’avait remporté qu’une seule course dans sa carrière jusque-là, le modeste trophée Palma, avec son équipe EF Éducation.
Au mois d’août, la nouvelle championne du monde avait pris le 18e rang du quatrième Tour de France Femmes 2025, épreuve remportée par Pauline Ferrand-Prévot.
Cette victoire est également un cadeau du ciel pour l’organisation et la promotion des Mondiaux de Montréal 2026.
«C’était une journée parfaite. Prendre le départ l’an prochain chez moi avec le dossard numéro un, ça sera vraiment spécial», a-t-elle conclu.
