«Immense fierté»: le FC Supra entre dans son ère bleu-blanc-rouge


Marc-Antoine Malo
Partager
Le premier maillot d’une nouvelle franchise, c’est une étape vitale presque sacrée d’un long processus, et le FC Supra s’est assuré de ne rien laisser au hasard en dévoilant le sien jeudi matin.
David Choinière a résumé en un mot le sentiment qui l’habite après avoir vu pour la toute première fois son uniforme: fierté. Porte-étendard de cette campagne, le milieu de terrain québécois croit que son équipe a visé juste.
• À lire aussi: Qui sont les joueurs au camp d’entraînement du FC Supra?
• À lire aussi: Comme son père, Alessandro Biello veut lancer sa carrière avec le Supra
«Le maillot, c’est ce qui nous représente. Il y a nos visages, mais aussi le maillot qu’on porte. [...] Pour les joueurs, bien te sentir quand tu portes quelque chose, c’est important», a expliqué l’athlète de 28 ans au bout du fil.
«Il y a un dicton qui dit: “Tu parais bien, tu joues bien.” C’est comme ça que je le vois.»
Comme la plupart des équipes professionnelles montréalaises, le Supra a misé sur le bleu, le blanc et le rouge. Demeurer dans le même spectre que le Canadien, les Alouettes, les Roses et la Victoire, entre autres, était primordial.

Il s’agit également d’un clin d’œil au passé. On y retrouve les couleurs de la première mouture du Supra, qui a joué dans la métropole entre 1988 et 1992.
«En ramenant les couleurs du “vieux” Supra, on s’est dit qu’on pouvait vraiment représenter ce club-là, a justifié le président de l’organisation, Rocco Placentino. On l’a fait avec le logo, mais aussi des couleurs qui ressemblent à ce qu’on avait dans le passé. On voulait le bleu-blanc-rouge. Le bleu clair est devenu un bleu foncé, le rouge est passé à un rouge orange.»
Jamais sans fleur de lys
Pour aider le club québécois à développer ce maillot, le nouvel équipementier de la Première ligue canadienne (PLC), l’entreprise danoise hummel, a joué un grand rôle. Leur équipe de design a travaillé main dans la main avec celle du Supra.
Choisir les couleurs, les tissus et les motifs fut une décision de groupe. On s’est d’ailleurs assuré d’inclure des détails rappelant l’identité du club, sans oublier l’incontournable fleur de lys.
On la retrouvera notamment derrière le cou, au-dessus de la devise «À nous», dévoilée avec ce chandail.

«Je crois qu’on aura le seul maillot dans la PLC qui met en valeur le drapeau [de la province] sur le devant. Nous en sommes vraiment fiers et nous voulions absolument que ce soit là», a assuré le directeur de marque du Supra, Paul Desbaillets.
On retrouve aussi le diamant du logo au niveau du col afin de l’avoir «directement sur la peau». Mais ce n’est pas tout.
«Quand le tissu brille en bougeant, vous verrez notre logo. Il va paraître encore plus», a fait remarquer Desbaillets, une figure bien connue du soccer montréalais.
«On a essayé de faire un maillot classique, de la première journée où il sortira à dans 20 ans», a-t-il résumé.
Déjà en prévente
La PLC a permis à la formation québécoise de dévoiler son uniforme en exclusivité, jeudi. Les sept autres clubs canadiens le feront au cours des prochains jours. C’est habituellement l’une des journées préférées des partisans, a assuré le vice-président exécutif de la ligue, Costa Smyrniotis.
«Nous sommes très excités de l’ajout du Supra pour 2026. C’est l’une des plus grosses histoires de l’année pour nous», a-t-il déclaré en entrevue.
«Ça amorce vraiment la saison, a poursuivi l’ancien du Forge FC. Le calendrier sera bientôt dévoilé, avec d’autres annonces en cours de route. Ça deviendra rapidement très concret pour la ligue, mais aussi pour notre nouveau club.»
L’uniforme est disponible en prévente sur le site web d’Evangelista Sports et sera disponible au public à partir de février. Le maillot «réplique», une version plus confortable et résistante pour les amateurs, sera vendu à 130$, plus les taxes.
---
Classique, original et authentique: comment crée-t-on un nouveau maillot au soccer?
Concevoir un maillot d’équipe professionnelle de soccer impose son lot de contraintes, mais c’est avant tout un projet porté par la passion et la fierté.
Heureusement, le FC Supra ne partait pas d’une toile vide. Le nouveau club de la Première ligue canadienne (PLC) avait un logo, et donc des couleurs, mais aussi une histoire à laquelle rendre hommage.
C’est un bon départ, mais pour bâtir un chandail instantanément reconnaissable qui demeurera un classique, il faut passer par quelques étapes. Au Supra, c’est l’une des tâches du directeur de marque Paul Desbaillets.
«Je suis un mordu de soccer. Quand on m’approche pour un projet local, qui sera vu partout au Canada, et qu’on peut montrer notre vision et notre passion du foot dans la culture québécoise... es-tu fou?! Qui dirait non à ça?», a lancé en entrevue celui qui porte aussi les chapeaux d’entrepreneur, de restaurateur et de personnalité médiatique.
Pour le Montréalais et le club qu’il représente, il était important de ne pas manquer la cible avec ce premier maillot.

«Tu peux modifier le chandail à l’extérieur ou le troisième maillot, tu peux jouer avec des détails et faire des trucs spéciaux, mais tu ne touches pas le maillot local classique, original et authentique, parce que tu bâtis ton identité [avec lui]», a-t-il assuré.
Brique par brique
L’entreprise hummel, le nouveau partenaire de la PLC, a fourni de précieux outils aux huit clubs du circuit. Cette entreprise centenaire est notamment reconnue pour avoir fourni les chandails de l’équipe nationale danoise, du FC Cologne, du Werder Brême et du Real Betis.
«On ne fait pas toutes les étapes à partir de zéro, a expliqué Desbaillets. La compagnie nous montre ses modèles de cols, de maillots, ses différentes options. C’est comme une magnifique toile de Lego. Il y a des choses que tu peux faire et des choses que tu ne peux pas faire.»

Assembler le chandail brique par brique semble compliqué à première vue, mais ça ne l’est pas, assure le directeur de marque, qui a apprécié cet «effort d’équipe». Il y a cependant certains pièges à éviter.
«Quand on travaille sur le concept du maillot, on essaie que ce soit quelque chose qu’on puisse vendre dans la communauté, a rappelé Desbaillets. Plus on ajoute de fioritures, plus ça coûte cher. C’est dangereux parce que tu conçois un maillot incroyable, mais personne ne va l’acheter.»
«C’est l’une des étapes les plus satisfaisantes, a reconnu pour sa part le vice-président exécutif de la PLC, Costa Smyrniotis. [...] Ce que nous voulions surtout, c’est créer des maillots qui résonnent avec la communauté et qui sont originaux. C’est important, lorsque le club rencontre l’équipe de design de hummel, que les partisans puissent se voir dans le maillot, ses couleurs et son logo.»
Le Supra est loin d’en avoir terminé avec sa partie vestimentaire et s’attend à pouvoir montrer son maillot à l’extérieur dans six à sept semaines.