IMAGES | «C'est la catastrophe»: désolation à Santiago de Cuba après l'ouragan «Melissa»
AFP
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Alexis Ramos a passé la nuit à essayer de protéger des vents de l'ouragan Melissa le bateau avec lequel il gagne sa vie à Santiago de Cuba. Mais lorsqu'il est rentré chez lui après l'accalmie, sa maison n'était qu'un tas de décombres.
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« C'est la catastrophe », se désole M. Ramos à l'AFP, en observant sa maison réduite à un amas de briques et de tôles.
Avec l'aide de sa famille, il tente de récupérer ce qui pourra resservir dans ce qui fut la maison de ses parents et où il a passé « toute (s)on enfance » et vivait avec sa fille et ses deux petites-filles.

Le visage dépité, il affirme n'avoir « aucune idée » de la manière dont il va pouvoir reconstruire car « tout est hors de prix ».
L'ouragan a frappé l'est de l'île communiste au petit matin mercredi, après avoir dévasté la Jamaïque avec des vents de plus de 300 km/h.

D'importantes pluies l'ont accompagné jusqu'à ce qu'il quitte la terre ferme pour reprendre sa route dans les Caraïbes en direction des Bahamas.
Les rivières sont sorties de leur lit, inondant les rues, les maisons, et isolant des hameaux. L'électricité est coupée dans de nombreuses localités, les privant de service de téléphonie. L'approvisionnement en eau est également suspendu.

Cette catastrophe météorologique aggrave des conditions déjà difficiles à Cuba, qui affronte une profonde crise économique et énergétique, marquée par une pénurie de carburant, de nourriture et de médicaments, ainsi qu'une forte transmission de maladies telles la dengue ou le chikungunya.
L'ambassade d'Allemagne a annoncé sur X un don de 330 000 dollars (environ 284 000 euros) pour aider les sinistrés, tandis que la représentation de la Norvège a dit apporter une contribution de 38 000 dollars (près de 33 000 euros) pour lutter contre ces maladies transmises par les moustiques.

« Perdre le peu qu'on possède »
Aucun mort n'est cependant à déplorer, le plus lourd tribut en vies humaines dans la région est payé par Haïti, avec au moins 20 morts et plusieurs disparus, selon la Protection civile haïtienne.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Mais Melissa n'a pas épargné Santiago de Cuba, la deuxième ville la plus importante du pays avec 500 000 habitants, située au sud-est.

Ses vents violents ont laissé derrière eux des maisons et des commerces détruits, des toits arrachés, des rues inondées, ainsi que des poteaux électriques ou des débris éparpillés partout.
Le toit de la maison de Mariela Reyes, une femme au foyer de 55 ans, s'est envolé et est retombé dans une rue adjacente. « Ce n'est pas facile de perdre tout ce qu'on a. Le peu qu'on possède », dit-elle à l'AFP. Mardi, elle avait réussi à mettre son téléviseur et d'autres appareils électroménagers à l'abri dans la maison de sa sœur.

« Dépouillée »
Le plus gros de l'ouragan passé, les habitants sont sortis machettes en mains pour dégager les routes jonchés d'arbres déracinés et de branchages coupés.
« Melissa laisse Santiago dépouillée, sans végétation, c'était l'une des plus belles choses de cette ville », déplore Ania Dominguez, 35 ans.

Les inondations empêchent l'accès aux villages côtiers situés à l'est de Santiago de Cuba.
À San Miguel de Parada, une localité en périphérie de la ville, un fermier se tient à côté de ses trois moutons morts noyés qui gisent sur l'asphalte.

Avec de l'eau jusqu'à la taille, un autre paysan avance en poussant une planche formant un bateau improvisé où avait pris place avec quelques effets personnels et un chien tremblant.
Derrière lui, une maison de bois aux murs arrachés tient à peine debout, tandis qu'un matelas part à la dérive.