Les grands patrons canadiens ont déjà fait le salaire annuel du travailleur moyen
Agence QMI
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À 11h17, lundi, les 100 dirigeants d’entreprises les mieux payés au pays ont fait l’équivalent du salaire annuel d’un Canadien moyen en 2019 – c’est-à-dire, en moins de quatre jours. Cela représente un revenu 202 fois plus grand que celui du travailleur moyen.
Ces données sont tirées d’une étude du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) diffusée lundi et comprennent les dernières données financières dévoilées, soit celles de l’année 2019. Les chiffres montrent une légère baisse dans la compensation des 100 PDG en 2019 par rapport à l’année précédente, alors qu’elle avait atteint un record de 227 fois le revenu du travailleur moyen. L’année 2019 reste tout de même la troisième année seulement où le taux PDG/ travailleurs dépasse les 200/1.
«En d'autres termes, lorsqu'un PDG bien payé a une année plus difficile, cela signifie qu'il doit travailler une heure de plus avant le déjeuner du 4 janvier, pour atteindre le revenu annuel d'un travailleur canadien moyen. Pour le travailleur canadien moyen, une année difficile signifie une grave insécurité financière et un endettement encore plus important à gérer», a déclaré l'auteur de l'étude et économiste principal du CCPA, David Macdonald, dans un communiqué accompagnant l’étude.
Si les données pour l’année 2020 ne sont toujours pas disponibles avant le printemps prochain, des estimations portent à croire que les PDG des grandes entreprises dont la valeur a augmenté pendant la pandémie verront leur compensation augmenter encore.
«Même si les entreprises qu'ils dirigent reçoivent un soutien du gouvernement, leurs primes continueront à être versées. En attendant, les travailleurs à faible revenu continueront de souffrir des difficultés liées à la crise COVID-19 – licenciements massifs au printemps et faiblesse persistante du recrutement depuis lors. Il est clair que nous ne sommes pas vraiment tous dans le même bateau», a ajouté M. Macdonald.
L’étude mentionne aussi que plus du tiers (36) des entreprises dont les dirigeants sont parmi les mieux payés ont demandé puis reçu une aide gouvernementale à travers la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC).
«Le rapport recommande de supprimer les avantages fiscaux accordés aux cadres, tels que la déduction des plus-values et des options d'achat d'actions, d'introduire de nouveaux taux marginaux d'imposition sur les revenus extrêmes et, comme l'ont fait l'Espagne et les Pays-Bas, de veiller à ce que les entreprises qui ont bénéficié d'aides salariales liées à COVID, comme la SSUC, ne versent pas de primes aux cadres», propose le Centre canadien de politiques alternatives.