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Ils combattent l’itinérance à Montréal en distribuant des cafés

Photo portrait de Axel  Tardieu

Axel Tardieu

2023-12-15T20:42:33Z

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«Tu veux du café ou un chocolat chaud?» Cette question, Patrick Dupuis la pose des centaines de fois par semaine.

Ce mardi, il décide de chercher des gens à aider autour du métro Mont-Royal. «On va souvent à Berri-UQAM, mais c’est compliqué de se stationner», explique l’homme de 50 ans au volant de son véhicule récréatif qui fait tourner les têtes. 

«Le Complexe Guy-Favreau a fermé. Des campements ont disparu. Il faut constamment qu’on se réorganise», dit-il, son chapeau de cowboy sur la tête.

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Patrick et son ami Marcel s’arrêtent devant Nivi, une Inuite de 27 ans. «J’ai jamais de problèmes pour trouver de la nourriture. Les gens sont très gentils», assure-t-elle.  

Emmitouflée dans des couvertures, elle accepte quand même un chocolat chaud, un sandwich au poulet et une paire de chaussettes. 

Patrick Dupuis avec Nivi sur la rue Saint-Denis, à Montréal.
Patrick Dupuis avec Nivi sur la rue Saint-Denis, à Montréal. Photo Axel Tardieu

1000$ de leur poche 

Depuis sept ans, Patrick Dupuis vient en aide aux personnes en situation d’itinérance. Il a commencé en étant bénévole auprès de l’abbé Claude Paradis, le «curé de la rue» derrière l’organisme Notre-Dame de la rue, qui lui a appris «le respect et l’empathie». 

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Patrick et son ami Marcel ont décidé d’aider, à leur tour, les gens dans le besoin. Pendant un an, ils ont déboursé 1000$ de leur poche pour acheter des boissons, de la nourriture et payer l’essence lors des rondes hebdomadaires, d’abord en métro, ensuite en voiture. 

Patrick Dupuis au volant de son véhicule surnommé La bottine, une référence à l’adage : Les bottines doivent suivre les babines.
Patrick Dupuis au volant de son véhicule surnommé La bottine, une référence à l’adage : Les bottines doivent suivre les babines. Photo Axel Tardieu

Depuis février, ils ont créé l’organisme à but non lucratif Résiste à la rue. Leur projet est désormais financé grâce à une trentaine de donateurs. 

Les mardis et jeudis sont consacrés à la clientèle la plus «récalcitrante» des rues de Montréal, ceux qui vivent loin des refuges. Les mercredis, la distribution se fait à Longueuil où l’itinérance est aussi en hausse. Par semaine, ils aident près de 300 personnes.

Marco, un habitué, ne cache pas sa joie quand il voit le véhicule se stationner. «Pour l'instant d’un moment, tu oublies tes problèmes, ça t'amène ailleurs», avoue-t-il. «Ça remonte le moral», rajoute Denis Desormaux qui s’apprête à passer son premier hiver dans la rue. 

Marco est un habitué du camion de Résiste à la rue.
Marco est un habitué du camion de Résiste à la rue. Photo Axel Tardieu

Plus de femmes 

En sept ans sur le terrain, Patrick Dupuis a vu la crise gonfler. «Le nombre d’hommes dans la rue monte en flèche et il y a vraiment beaucoup plus de femmes qu’avant», observe-t-il. 

Selon ce qu'il se dit dans la rue, le principal coupable de cette misère, c’est la crise du logement, que la classe politique «semble ignorer». 

«Le gouvernement est complètement en dehors de ses baskets. Il demande aux Kings de Los Angeles de venir jouer deux games à Québec l'année prochaine pour sept millions $. Il n'y aurait pas moyen de dépenser ça ailleurs?», se demande Marco. 

«Je trouve que M. Legault, il s'occupe plus des compagnies que des gens», juge quant à lui Denis Desormaux. 

Patrick Dupuis n'en pense pas moins. «Nos élus pourraient faire tellement plus avec tellement peu, avec juste un peu de bonne volonté».  

L’organisme Résiste à la rue attend maintenant avec impatience ses deux ans d’activité pour pouvoir demander des subventions au gouvernement du Québec. 

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