Il y a sûrement quelque chose dans l’eau au Minnesota...


Kevin Dubé
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SAINT PAUL, Minnesota | Si la tendance se maintient, la prochaine fois que le Canadien de Montréal va gagner un match au Minnesota, Lane Hutson aura pris sa retraite, des robots vont nous servir au restaurant et le plus jeune fils de Donald Trump, Barron, tentera sa chance pour devenir le 55e président des États-Unis.
On blague à peine. La dernière fois que le Tricolore a gagné au Minnesota, c’était le 20 mars 2011, une victoire écrasante de 8-1 lors de laquelle P.K. Subban avait inscrit trois buts et une passe. Depuis ce temps, on compte 11 défaites en ligne au Xcel Energy Center de Saint Paul. On peut probablement commencer à parler d’une malédiction.
Hier, le CH n’a pas joué un mauvais match, au contraire. Défensivement, il a à nouveau prouvé qu’il progresse. La paire formée de Michael Matheson et Kaiden Guhle a été excellente pendant la majorité du match face au redoutable Kirill Kaprizov, et on y reviendra.
Mais au bout du compte, l’équipe n’a dirigé que 19 lancers au but, sa deuxième plus faible récolte de la saison.
Pour une équipe qui martèle depuis deux jours l’importance de diriger plus de rondelles au filet, elle qui venait au dernier rang à ce chapitre dans la LNH avant la rencontre, c’est peu. Et les chances de marquer dangereuses n’ont pas été nombreuses non plus, la meilleure est probablement venue du bâton de Guhle, qui s’était retrouvé seul dans l’enclave en première période.
Il faut quand même reconnaître que ce fut une partie d’échecs, lors de laquelle deux formations structurées ne se sont pas donné le moindre pouce.
«C’est une équipe qui se défend très bien et il n’y a pas eu beaucoup de chances de chaque bord, reconnaissait Martin St-Louis. Des matchs comme ça, il faut que tu joues la game. Est-ce qu’il faudrait peut-être s’aider un peu plus offensivement? Il n’y avait pas beaucoup d’espace pour les deux équipes.»
Matheson et Guhle solides
Il faut être honnête quand même, il y a du positif. Martin St-Louis a passé les derniers jours à vanter la progression défensive de son équipe, et le CH a joué un bon match dans cet aspect.
La paire de Michael Matheson et Kaiden Guhle a assurément mérité sa bière d’après-match (ils en prennent au moins une, hein?). Les deux défenseurs ont été confrontés au trio de Kirill Kaprizov pour la très grande majorité du match et ils ont été très efficaces, particulièrement Matheson.
Il fallait le voir renverser le rapide 97 en première période alors que ce dernier tentait de le déborder, ou lorsqu’il a réussi à intercepter la passe du Russe lors d’un deux contre un en deuxième période.
La machine se met en marche
Et le pire là-dedans, c’est que c’est une situation malheureuse pour le Wild et qui, en principe, aurait dû être heureuse pour le CH, qui a mené au réveil offensif de Kaprizov. À mi-chemin en deuxième, le Wild a annoncé que Joel Eriksson Ek et Mats Zuccarello, tous les deux blessés au bas du corps, rateraient le reste de la rencontre.
Employé davantage après les blessures de ces deux joueurs, Kaprizov a été utilisé à quelques reprises sur deux trios, terminant avec un peu plus de 20 minutes sur la patinoire et une production d’un but et une passe.
La différence
Le Canadien n’a pas de Kirill Kaprizov, et ça a probablement changé la donne. Dans un match aussi serré, tu as besoin que tes meilleurs éléments trouvent un moyen de marquer.
Et une fois que le Wild a pris les devants 1-0, les chances du Canadien devenaient minces. L’équipe n’avait pas gagné un seul match lorsqu’elle tirait de l’arrière après deux périodes ni lorsqu’elle avait accordé le premier but.
«C’est ce qui fait la différence entre les équipes de haut de classement, elles trouvent une façon de gagner même quand c’est vraiment serré et qu’il n’y a pas beaucoup d’opportunités. Ça ne leur en prend pas beaucoup», illustrait avec justesse Matheson après le match.
Disons que la pénalité de quatre minutes de Jayden Struble en troisième, qui a mené au but de Marco Rossi, qui faisait 2-0, n’a pas aidé.
En fin de compte, plus ça change, plus c’est pareil: le CH repart de Saint Paul bredouille, encore une fois, en ayant été blanchi pour la première fois de la saison, en plus.