À 7 pi 3 po à 14 ans, le «petit» timide Jérémy Gohier «vient de comprendre qu’il est grand»
L'adolescent a pris conscience de ses capacités et de ses attributs au printemps dernier

François-David Rouleau
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À 7 pi 3 po, Jérémy Gohier est un spécimen rare qui fait tourner les têtes sur tous les parquets où il drible le ballon et «dunk» au panier. Si sa taille est valorisée dans son sport, elle est toutefois un véritable défi dans la vie quotidienne. Du haut de ses 14 ans et 2,22 mètres, il essaie de voir la vie du même œil que n’importe qui. Plongeon dans l’univers d’un espoir de la NBA en 2030.
Approchant une taille de sept pieds à son 13e anniversaire, ce n’est que dans les mois suivants que Jérémy Gohier a vraiment saisi qu’il pouvait utiliser son gabarit pour dominer sur les parquets.
«Ce qui est le plus intimidant dans son jeu, c’est qu’il est conscient de ses capacités et de ses attributs depuis le printemps, explique Emmanuel Borno. On le lui répétait depuis plusieurs années. Mais il a compris qu’il est grand et qu’il devait utiliser sa taille pour dominer.»

Inconsciemment et par réflexes, celui qui se décrit comme un «petit» timide en raison de sa taille raconte qu’on lui a toujours appris à faire attention aux autres. «Ma mère me disait ça souvent quand j’étais petit pour ne pas leur faire mal. Maintenant, dans le basket élite, je m’en fous un peu.»
Parce qu’il est évidemment plus grand que tout le monde, Basketball Canada a émis la recommandation de le faire jouer à un niveau plus élevé. Jérémy évolue d’abord dans le programme civil élite des Nobels de Laval et il porte aussi les couleurs de son école à Georges-Vanier.
«La difficulté dans son cas, c’est que lorsqu’il jouait dans son groupe d’âge, personne ne pouvait le challenger. Avec les plus vieux, il peut affronter des joueurs plus grands, plus matures et plus développés physiquement. Certains mesurent jusqu’à 6 pi 4 po, donc ils peuvent le défier», expliquent Borno et Daniel Mulumba.

Son bon ami et complice dans la vie de tous les jours a vécu cette réalité quand il jouait dans l'équipe adverse.
«Il est contournable, mais c’est difficile de marquer contre lui. Quand il met les bras vers le haut, personne ne peut l’atteindre, note Thomas Gagnon qui mesure 5 pi 4 po et qui préfère évidemment porter le même gilet que Jérémy. Tout le monde est impressionné par sa taille. On entend souvent dans l'autre équipe: "ah non, pas lui." Les adversaires sont découragés.
«Quand il prend le ballon, c’est simple, personne ne réussit à y toucher, ajoute-t-il. Ce qui m'impressionne, c’est son QI du jeu sa mobilité pour un grand. Il prend beaucoup de rebonds, mais il sait marquer des points autrement.»
Ses forces
En s’alignant dans les Nobel et le club de George-Vanier, Jérémy développe ses habiletés et ses expériences sur le terrain. Comme il a commencé le sport à un très jeune âge, il en comprend très bien les mécanismes. Il se démarque notamment par sa vision du jeu et son intelligence.
«Il sait dessiner et lire le jeu. Il démontre une belle mobilité et une bonne motricité. Il est capable de jouer à toutes les positions», le vante Borno.
«Les gens sont souvent surpris de voir qu’il est capable de prendre le ballon et de traverser le terrain pour aller faire un dunk, ajoute-t-il. Ce n’est pas quelque chose de naturel pour un gars de sa taille. D’habitude, ils ne savent pas vraiment se déplacer et restent sous le panier à ramasser les ballons.»

Ses entraîneurs travaillent son drible et sa mécanique de tir. Avant d’étendre son jeu à l’extérieur de la bouteille, où il sait aussi se démarquer, il doit peaufiner celui près du panier.
Suivre un chemin naturel
Dans l’application de leur plan, tant ses instructeurs que ses parents estiment que Jérémy doit suivre naturellement son chemin vers les plus hautes sphères du basket. Rien ne doit être forcé et il ne reçoit jamais de traitement de faveur.

S’il est destiné à la NBA comme il en rêve, il aura à rester passionné en poursuivant son développement et en travaillant d’arrache-pied.
«Je veux faire mon propre chemin, c’est très important, assure-t-il. Là-dedans, je me vois aller dans un prep school [école préparatoire aux collèges américains] et après, je vise les meilleures équipes universitaires. Ce diplôme, je le veux pour ma mère.»