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Il rachète une PME pour éviter qu’elle ne passe aux mains d’intérêts américains

L’entreprise lavalloise de fabrication de câbles sur mesure restera finalement chez nous

David Doiron, président de la PME de fabrication de câbles Instacable, à Laval, est fier d’avoir racheté cette entreprise pour éviter qu’elle ne passe aux mains d’intérêts américains.
David Doiron, président de la PME de fabrication de câbles Instacable, à Laval, est fier d’avoir racheté cette entreprise pour éviter qu’elle ne passe aux mains d’intérêts américains. Photo FRANCIS HALIN
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2025-10-18T04:00:00Z

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Un entrepreneur québécois a racheté une PME lavalloise de fabrication de câbles pour éviter qu’elle ne soit vendue en pièces détachées aux Américains.

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«C’est important que ça reste au Québec», lance sans détour au Journal David Doiron, 45 ans, président et actionnaire de la PME de fabrication de câbles Instacable, à Laval.

Sur la Rive-Nord de Montréal, Instacable fabrique des câbles sur mesure depuis une bonne trentaine d’années.

L’entreprise travaille les pointes de cuivre et la fibre optique. Ses pièces et composantes viennent des Molex, JST, TE, CommScope, Belden et OCC Fiber de ce monde.

Malgré le bal des tarifs du président Donald Trump, qui lui fait perdre un temps fou en ce moment, elle tire fort bien son épingle du jeu.

Instacable est le bébé du Québécois Edgar Belleau, qui vient de la céder à David Doiron.
Instacable est le bébé du Québécois Edgar Belleau, qui vient de la céder à David Doiron. Photo PIERRE-PAUL POULIN

«On ne valorise pas assez l’entrepreneuriat ici, contrairement aux États-Unis», estime David Doiron, qui est à sa tête depuis l’été dernier.

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Pour acquérir Instacable, il a investi ses propres fonds tout en bénéficiant d’un financement de la Banque de développement du Canada (BDC).

Aujourd’hui, cet ingénieur ambitionne de faire grimper son chiffre d’affaires de près de 3M$ à 10M$ ces cinq prochaines années.

David Doiron, président et actionnaire d’Instacable, à Laval. Il estime que les droits de douane de Donald Trump sont un vrai casse-tête parce qu'il doit calculer la quantité de métal dans chacun des câbles vendus là-bas. (Photo Francis Halin) On le voit ici à son atelier de Laval le 15 octobre 2025.
David Doiron, président et actionnaire d’Instacable, à Laval. Il estime que les droits de douane de Donald Trump sont un vrai casse-tête parce qu'il doit calculer la quantité de métal dans chacun des câbles vendus là-bas. (Photo Francis Halin) On le voit ici à son atelier de Laval le 15 octobre 2025. Photo Francis Halin
Un Québec de PME

En mai dernier, Le Journal révélait que près de 50 000 entreprises québécoises devraient changer de propriétaires d’ici cinq ans, une situation qui pourrait mener à des acquisitions massives par des intérêts américains.

«On doit être plus vigilant pour protéger les entreprises pour qu’elles restent au Québec», avait observé au Journal le ministre délégué à l’Économie d’alors, Christopher Skeete.

D’après Alexandre Ollive, PDG de Repreneuriat Québec, l’âge des entrepreneurs est le problème.

«Oui, M. Trump est un accélérant, mais on a 40% de nos propriétaires-dirigeants qui ont 55 ans et plus. C’est ça, l’enjeu», avait-il dit.

Alexandre Ollive, PDG de Repreneuriat Québec.
Alexandre Ollive, PDG de Repreneuriat Québec. Photo FRANCIS HALIN

Au Québec, près de 230 000 PME de moins de 250 employés génèrent à elles seules la moitié du produit intérieur brut (PIB), selon le gouvernement.

Or, pour David Doiron, d’Instacable, l’État devrait valoriser davantage nos PME.

«On met beaucoup en lumière les gros. Le gouvernement met beaucoup d’attention, de visibilité, sur les Northvolt», affirme-t-il.

Il rappelle que «ce n’est pas les grandes entreprises qui font virer l’économie».

«Notre PME, c’est une goutte dans l’océan du PIB québécois, mais ça fait une différence», conclut celui qui cherche des installateurs et du personnel d’entrepôt.

Fait saillant

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) détenait 93G$ d’actifs au Québec au 31 décembre dernier. Le bas de laine vise les 100G$ d’ici l’an prochain.

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