«Gustafsson peut assurément inscrire 50 points de nouveau»

Anthony Martineau
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Soyons francs: le besoin pour un défenseur gaucher, mobile et offensif était criant chez le CH.
Depuis quelques semaines, plus la date limite des transactions approchait, plus les noms de Mathias Ekholm (Predators) et Vince Dunn (Blues) étaient mentionnés par les partisans des Canadiens sur les médias sociaux. Les deux joueurs étaient clairement parmi les candidats les plus attrayants pour colmater la brèche présentée plus haut.
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Lundi, en fin de journée, le directeur général du Tricolore en a toutefois surpris plus d’un en obtenant les services de l’arrière des Flyers Erik Gustafsson en retour d’un choix de septième tour en 2022. Il faut noter que Philadelphie paiera aussi la moitié du salaire annuel du patineur, qui touche 3M$ cette saison.
Ci-bas, le journaliste Anthony Martineau analyse justement la nouvelle acquisition du CH en entrevue au podcast «La Dose».
Gustafsson, un défenseur gaucher de 29 ans reconnu pour sa mobilité et son flair offensif, a connu sa meilleure saison dans la LNH en 2018-2019 chez les Blackhawks de Chicago. Il avait alors affiché une impressionnante récolte de 60 points en 79 matchs.
Le Suédois n’a cependant jamais pu récidiver depuis, se contentant d’une récolte de 29 points en 66 matchs l’an dernier (Blackhawks, Flames), puis de 10 points en 24 matchs cette année (Flyers). Dans cette optique, plusieurs lui ont déjà accolé un rôle de soutien au sein de la brigade montréalaise.
Sauf que Gustafsson est encore plutôt jeune et... pourrait très bien relancer sa carrière à Montréal, redevenant ce fameux défenseur à la constance offensive béton. C’est du moins l’avis d’Anthony SanFilippo, un journaliste couvrant les activités des Flyers depuis plusieurs saisons pour le compte du blogue Crossing Broad (plate-forme très prisée des amateurs de sports à Philadelphie)
«Il peut certainement redevenir, comme en 2018-2019, très dangereux en attaque, selon moi. Je dirais qu’il peut assurément atteindre le plateau des 45-50 points de nouveau s’il est utilisé de façon intelligente et dans les meilleures dispositions pour lui.»
Analyse complète du nouveau numéro 32 des Canadiens.
Un problème réglé à Montréal?
Pour SanFilippo, le rendement en dents de scie d’Erik Gustafsson cette saison s’explique principalement par le contexte difficile dans lequel il est débarqué en Pennsylvanie.
«Il ne cadrait pas bien à Philadelphie», lance le journaliste.
«À l’arrivée de Gustafsson, Shayne Gostisbehere était là et il accomplissait sensiblement la même besogne que lui. Ce sont deux arrières très similaires. Gostisbehere a eu un meilleur début de saison et cet aspect, jumelé au fait qu’il connaissait également beaucoup mieux le système de jeu des Flyers, a confiné Gustafsson à un rôle de soutien. Ça s’est fait très rapidement. Honnêtement, Erik Gustafsson n’a jamais semblé confortable au sein des Flyers.»
SanFilippo est toutefois très clair sur un point. Erik Gustafsson dispose de toutes les qualités possibles pour aider les Canadiens.
«Il est très à l’aise pour bouger la rondelle. Je sais que le CH avait besoin d’un défenseur de ce type. Il va également être très utile sur l’avantage numérique. Il a un excellent tir de la ligne bleue et peut faire des ravages si on lui laisse trop d’espace. Il peut aussi s’assurer de bien sortir la rondelle de son propre territoire avec une première passe de qualité.»
Avec Weber?
Si le besoin d’un défenseur mobile étant si grand chez les Canadiens, c’est majoritairement parce que Shea Weber est à son mieux lorsqu’il est jumelé à un arrière de ce type. Le TVASports.ca vous avait d’ailleurs présenté, samedi, un dossier complet concernant la façon idéale d’utiliser le capitaine du CH pour maximiser son rendement.
SanFilippo pense-t-il, justement, que Gustafsson pourrait éventuellement se retrouver à la gauche de Weber?
«Ce serait un duo respectable», répond-il.

«Weber est un défenseur très fiable défensivement. Cela dit, je crois que Gustafsson pourrait aussi lui permettre de s’activer un peu sur le plan offensif. Sinon, Weber pourrait permettre à Erik d’appuyer l’attaque sans gêne.
«En tous cas, Gustafsson pourrait se charger de transporter la rondelle au besoin. C’est un secteur où Shea Weber n’est pas un spécialiste.»
Le rôle idéal
S’il est clair pour le journaliste qu’une association entre Gustafsson et Weber pourrait être intéressante, utiliser le Suédois contre les meilleurs éléments adverses n’est peut-être pas l’option idéale, avance-t-il. C'est la raison pour laquelle la formation d'un tel duo ne serait pas sa première option. Du moins, pas dès le départ.
«Je crois que pour obtenir le meilleur d’Erik, Montréal devrait l’utiliser contre les troisième ou quatrième trios ennemis, mais lui donner beaucoup de minutes sur l’avantage numérique. À cinq contre cinq, il serait peut-être plus judicieux de ne pas l’opposer aux meilleurs éléments adverses. Ce n’est pas là où il excelle, de toute façon.»
SanFilippo prend toutefois la peine d’insister sur le potentiel apport du gaucher en avantage numérique.
«Vous allez l’adorer! Il peut vraiment jouer le rôle de quart-arrière et alimenter tous ses coéquipiers sur la glace. Si Montréal l’utilise en considérant ses forces, et elles sont nombreuses, vous obtiendrez beaucoup plus de lui que ce qu’ont pu avoir les Flyers.»
Et si Gustafsson parvient réellement à retrouver sa forme des beaux jours, le terme «vol» pour qualifier l’échange le concernant ne sera pas exagéré. Après tout, Marc Bergevin n’aura donné qu’un lointain choix de septième tour pour l’obtenir...