La protectrice du citoyen a déposé un rapport dévastateur sur la gestion de la crise de la COVID-19 dans les CHSLD au printemps. La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants fait son mea culpa.
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«On prend acte avec beaucoup d’humilité ce que la protectrice nous dit et dans notre plan de deuxième vague on a mis en place beaucoup de ses recommandations», explique Marguerite Blais en entrevue à LCN.
Pour la ministre, le problème résultait des coupes survenues dans le passé et la solution passe dans le financement.
«On a coupé 43 millions en santé publique, on a coupé tous les gestionnaires dans les CHSLD, on manquait de personnel, il manquait tellement de PAB et d’infirmières, on ne pouvait pas les faire apparaître comme ça», ajoute-t-elle.
Dans le rapport, on peut notamment lire que l’interdiction des visites des proches aidants dans les CHSLD a eu un terrible impact. La ministre Blais dit qu’il s’agissait d’une «décision crève-cœur».
«On voulait que le personnel ait assez de matériel pour se protéger et on voulait aussi protéger les personnes les plus vulnérables. On s’est rendu compte que ce n’était pas une bonne chose de séparer les proches aidants», admet-elle.
Si la situation devait se reproduire, le gouvernement ne prendrait plus une telle décision. «On l’a fait, maintenant on le sait, on ne ferait plus jamais ça», assure-t-elle.
Par manque de personnel et parce que les proches aidants ne pouvaient plus entrer dans les CHSLD, des aînés sont morts seuls dans des conditions horribles. Un extrait du rapport est particulièrement évocateur.
«Après un mois de confinement, l’exclusion des proches et une agonie de trois jours, il est mort seul, déshydraté, en état de détresse et dans des conditions inimaginables dues au manque de personnel. J’ai pu assister à ses derniers instants grâce à une caméra de surveillance placée dans sa chambre, installée avant la pandémie. Plusieurs semaines après sa mort, je suis encore hantée par ce que j’ai vu», peut-on lire.
La ministre dit avoir compris la gravité de la situation à la fin mars. «On l’a su avec le CHSLD privé Herron. Ç’a été un moment très, très, très fort», affirme-t-elle.
Paul Larocque a demandé à la ministre si elle était prête à prendre un engagement formel afin que personne ne soit à nouveau ainsi être abandonné des jours dans un lit souillé
«Je ne sais pas si je peux prendre cet engagement, mais je veux m’excuser auprès de la population. Je m’excuse auprès des proches aidants, auprès des familles, il ne faut plus que ça arrive», répond-elle.
Écoutez la protectrice du citoyen Marie Rinfret avec Geneviève Pettersen à QUB radio: