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Réinventer son emploi: un serveur laisse son tablier pour se lancer en affaires

Il a préféré tourner le dos à la PCU pour concrétiser son rêve

Lancelot Tremblay a fait une croix sur son métier de serveur au Manoir Rouville-Campbell pour devenir entrepreneur. On le voit ici devant l’hôtel de Mont-Saint-Hilaire.
Lancelot Tremblay a fait une croix sur son métier de serveur au Manoir Rouville-Campbell pour devenir entrepreneur. On le voit ici devant l’hôtel de Mont-Saint-Hilaire. Photo Chantal Poirier
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2021-02-06T05:00:00Z

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Un serveur de l’hôtel Manoir Rouville-Campbell de Mont-Saint-Hilaire qui a perdu son emploi au début de la pandémie a vite tourné le dos à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) pour ouvrir une franchise d’aliments exotiques en ligne.

« À la mi-avril, on s’est fait convoquer dans une salle. On nous a demandé de nous asseoir. On nous a distribué une feuille qui disait que tout le monde perdait son emploi en raison de la pandémie », raconte Lancelot Tremblay, 21 ans, alors serveur au Manoir Rouville-Campbell, en Montérégie.

À ce moment, l’employeur propose trois choix aux travailleurs : l’assurance-emploi, la Prestation canadienne d’urgence (PCU)... ou bien de faire du ménage à l’hôtel pendant qu’il est vide, confinement oblige.

« Alors que l’on peut gagner entre 30 $ et 50 $ l’heure comme serveur avec les pourboires, on nous proposait de faire du ménage à 14 $ ou 15 $ l’heure. Disons que le ménage ne m’intéressait aucunement », poursuit Lancelot Tremblay.

Après deux semaines sur la PCU, il ne tient plus en place et décide d’aller donner un coup de pouce à un ami.

« Pour moi, attendre n’était pas une option. J’avais un ami qui avait une franchise Snack Town à Montréal, qui vendait de l’épicerie et des boissons exotiques. Je le voyais aller. Je suis allé l’aider. J’ai fait le tour de ses fournisseurs. Je fais les commandes avec lui », affirme le jeune homme.

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Faire le saut

De fil en aiguille, Lancelot en redemande. Il a la piqûre. « J’ai réalisé que je connaissais pas mal la job. Je me suis dit : “Je ne fais rien à cause de la COVID-19. Je vais lancer ma propre franchise” », poursuit-il.

Même s’il n’a aucune expérience en affaires, en gestion ou en RH, il relance son ami et lui demande de lancer sa propre franchise à son tour.

« Vu que je n’avais pas la mise de fonds pour faire un achat, j’ai loué un local à Longueuil. Ça a été un cadeau de Noël pour le propriétaire parce que les locataires ne courent pas les rues en ce moment », lance-t-il en riant.

Au début, ses journées ne sont pas roses. Il passe ses nuits à son local, qui prend peu à peu des airs de magasin.

« Mes produits étaient à terre, je n’avais pas d’étagères. Je n’avais pas l’argent pour me payer des employés. Je travaillais sept jours sur sept. Je me levais à quatre heures du matin », se souvient-il.

Aujourd’hui, ses ventes avoisinent les 5000 $ par semaine avec Uber, qui livre ses produits. Il arrive aussi à aller chercher un autre 1000 $ ou 2000 $ par semaine à son magasin de Longueuil. 

Quand on lui demande s’il s’assure que ses croustilles, céréales, chocolats et boissons gazeuses des quatre coins du monde ont des étiquettes en français, il répond « oui » sans hésitation.

« C’est non négociable. Quand on commande les produits de l’étranger, les fournisseurs nous envoient les étiquettes en français. On n’a qu’à les coller dessus », précise M. Tremblay.

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