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«Il faut faire des investissements à long terme», selon un climatologue

Photo adobe stock
2022-09-22T20:21:55Z

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Avec la dernière période estivale qui a été l’une des plus chaudes jamais enregistrée et la multiplication des ouragans et des inondations partout dans le monde, le climatologue Alain Bourque pense que la solution est de s’adapter à ces changements climatiques et d’investir à long terme. 

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«Ce qui surprend les scientifiques, c’est que ça aurait dû être un été plus frais, car il y a le phénomène la Niña, courant d’eau anormalement frais qui se produit autour de l’Équateur tout le long de l’Océan pacifique, et habituellement ce phénomène a tendance à rafraichir les températures dans ces régions-là, mais souvent aussi sur l’ensemble du globe», a expliqué le climatologue et directeur général de l’organisme Ouranos, consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques, Alain Bourque.

«Ce n’est pas très encourageant [...], ça signifie que le changement climatique est en train de dominer des processus naturels qui faisaient en sorte que parfois on avait des étés plus frais», a-t-il précisé au micro de Philippe-Vincent Foisy à QUB radio.

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Selon lui, ces phénomènes risquent de s’intensifier et de se complexifier, car «on va avoir des interactions entre des régimes climatiques qu’on a très peu vus auparavant», a-t-il clarifié.

Le climatologue prend l’exemple de la Colombie-Britannique en 2021, qui a vu se succéder sécheresses, canicules, feux de forêt et inondations.

«Les interactions de plusieurs phénomènes météorologiques au fil d’une année sont plus difficiles à suivre et à anticiper», a expliqué M. Bourque.

Il faut agir

«Si on réduit les émissions de gaz à effets de serre et on atteint la carboneutralité au niveau planétaire, on peut réussir à stabiliser l’ampleur de ces changements climatiques là, mais y a une partie de ces changements qui sont déjà en cours et avec lesquels il va falloir apprendre à vivre», a-t-il relaté.

Selon le climatologue, il faut «faire des investissements à long terme» pour adapter les villes et les zones côtières aux changements climatiques, par exemple en investissant dans des infrastructures adaptées à des évènements de précipitation.

«Au Québec, on a tendance à arroser les champs en mettant des jets dans l’air, ce qui fait que la moitié de l’eau s’évapore dans l’air plutôt que d’aller sur les cultures, alors qu’en Californie on utilise déjà le goutte-à-goutte qui permet d’exploiter chacune des gouttes d’eau pour réussir à faire pousser les végétaux, etc.».

Alain Bourque estime que l’Ouragan Fiona, qui devrait se transformer en tempête importante et frapper l’est du Québec, pourrait faire des dégâts, car «on a beau voir venir, les infrastructures sont déjà là, on ne peut pas répondre rapidement».

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«Un des plus gros défis de l’adaptation, c’est de réussir à tirer les leçons des évènements passés pour changer le développement territorial et économique à long terme», a-t-il révélé.

Les changements climatiques en politique

Selon M. Bourque, «les choses ont progressé, jamais il y a 20 ans on n’a parlé de la carboneutralité. Maintenant, il n’y a plus personne qui dit qu’on ne doit pas atteindre la carboneutralité».

«L’autre côté de la médaille, c’est qu’il semble que les politiques sont toujours 10 ou 15 ans en retard par rapport à ce que la science dit et par rapport à ce qu’il faudrait faire», a-t-il insisté.

Malgré cela, le climatologue a précisé que l’Europe figurait parmi les plus avant-gardes en termes de politiques publiques, tout comme le Québec par rapport à l’Amérique du Nord.

«Le plus gros défi des décideurs de nos jours, c’est qu’ils sont censés représenter une population, donc si la population ne dit pas clairement que les changements climatiques sont la top priorité ou une priorité, les décideurs sont eux-mêmes pris avec cette situation-là de devoir balancer et faire l’équilibre entre les investissements à long terme pour lutter contre les changements climatiques, versus les urgences court terme pour améliorer plein de dossiers», a souligné Alain Bourque.

«Il faudrait peut-être prendre moins de temps à essayer de blâmer un niveau de gouvernement ou tel groupe d’individus, et plutôt essayer de s’aligner collectivement pour lutter ensemble contre les changements climatiques», a-t-il ajouté.

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