Il faut commencer notre deuil dans le dossier Monahan

Jean-Charles Lajoie
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Ça peut paraître récurrent ou répétitif mais c’est le sujet de l’heure entourant le Canadien
Donc, pour en finir... ou pas... avec Sean Monahan.
Je dis que c’est le sujet de l’heure entourant le Canadien, mais est-ce que dans les faits c’est le sujet de l’heure dans les bureaux de direction hockey du CH ? Est-ce que c’est la préoccupation première de Jeff Gorton et Kent Hughes ?
On peut croire que oui mais ça demeure de la présomption. On ne sait rien de ce qui se trame vraiment dans les cartons des dirigeants du CH.
On peut toutefois affirmer que l’intérêt pour l’attaquant de 29 ans est grandissant. Pourquoi ? Parce que d’abord il semble en parfaite santé. Il a disputé tous les matchs de l’équipe jusqu’ici, ce qui ne lui est pas arrivé depuis sept ans.
Ensuite parce que sa production est digne de la moyenne forte de sa carrière. Le bel accident de parcours pour Monahan a été sa saison de 82 points en 78 matchs en 2018-19.
Il écoulait alors la troisième année d’un contrat de sept saisons lui rapportant 6,375,000$ annuellement. On ne peut donc pas taxer Monahan d’être un money player qui sort des blocs à la dernière année d’un contrat. Autre avantage à miser sur lui.
Mais revenons à sa production. Pour la grande majorité de sa carrière, en santé, Monahan a produit autour de 0,70 points par match en moyenne. Cette saison il affiche 0,71 points par match de moyenne. Il est donc fidèle à sa production normale lorsqu’il est en santé.
Monahan est un vétéran de 11 saisons dans la LNH, mais à 29 ans seulement, il n’a pas ralenti en dehors des moments où sa hanche le faisait terriblement souffrir.
Ça le rend encore plus intéressant pour un acquéreur potentiel. Le profil de Monahan plait aux organisations. Un vrai pro, il place les intérêts de l’équipe avant les siennes, se présente tous les soirs avec les meilleures intentions et son effort est soutenu.
Par contre, il n’a pas disputé un match de séries éliminatoires depuis le printemps 2020 et il n’en a disputé que 30 en 10 printemps dans la Ligue nationale. En revanche, le plus gros avantage est son salaire d’un peu moins de 2 millions de dollars.
Ça fait de lui une acquisition de premier ordre en vue de la date limite et ça place le Canadien, un club en position de force pour négocier son transfert.
Le hockey n’est pas différent du monde des affaires. On y gère souvent l’offre et la demande. L’offre en qualité de joueurs de centre ou ailier top 6 n’est pas des plus ronflantes en vue de la date limite des transactions du 8 mars prochain. Avantage le CH.
Le salaire de Monahan permet à toutes les équipes désireuses d’acquérir un attaquant top 6 de qualité de rêver éveillées de mettre la main sur Monahan.
Même Julien Brisebois et le Lightning peuvent espérer réaliser une transaction avec le Canadien ce qui n’est pas peu dire.
Ça place Kent Hughes en excellente posture pour faire monter les enchères. Plus il y a de clubs intéressés à un joueur plus sa valeur au change augmente. Gestion de l’offre et de la demande.
Hughes le savait très bien lorsqu’il a convaincu Monahan de prendre le pari d’un contrat d’un an à moins de 2 millions. Monahan venait de connaître une saison avortée sur blessure et ses chances de signer un dernier contrat structurant et payant étaient de faibles à nulles.
Avec ce qu’il accomplit actuellement, s’il maintient ce rythme de production et qu’il devient un élément important d’une équipe qui fait un bout en séries, il n’aura aucun mal à s’entendre sur les termes d’un contrat de 5 ans minimum cet été.
Avec qui ? Certainement pas le Canadien s’il est échangé d’ici le 8 mars à 15h. Faut arrêter avec cette pensée magique de «on l’échange pis on le ramène cet été... » Ces affaires-là marchent rarement voir jamais, exception de Tomas Plekanec, revenu à Montréal faute d’avoir reçu d’autres offres ailleurs. Le cas Monahan est fort différent.
Y’a pas de doute pour moi que la place de Monahan est ici avec le Canadien avec un nouveau contrat de 5 ans en poche. Mais Kent Hughes n’a pas aussi bien joué ses cartes pour se priver de faire sauter la banque le 8 mars prochain.
Mon choix ? On garde Monahan et on le signe 5 ans. Ma prédiction ? Il sera échangé et Hughes obtiendra beaucoup en retour... et il ne reviendra hélas pas cet été... nous reste juste à commencer notre deuil.