«Il était tellement dur envers lui-même»: Jacques Lemaire se souvient de l’immense pression que s’imposait Ken Dryden


Stéphane Cadorette
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À 31 ans, Ken Dryden a créé une onde de choc en choisissant de prendre sa retraite du hockey. Jacques Lemaire est d’avis que la pression de performance commençait à sérieusement ronger le gardien.
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L’ancien attaquant a été le coéquipier de Dryden durant toute sa carrière, et les deux ont accroché leurs patins au même moment, au terme d’une quatrième conquête de suite de la Coupe Stanley, lors du printemps 1979.
«C’est toujours décevant d’apprendre un décès, surtout qu’il était proche de nous», a d’abord commenté Lemaire lorsque joint par Le Journal.
Lemaire se désole que son bon ami ait été si exigeant envers lui-même, au point de s’en rendre malheureux par moments. Surtout que Dryden n’a jamais vraiment connu de baisse de régime.
«Il était tellement dur envers lui-même par rapport aux résultats. Il voulait gagner tout le temps et il semblait renfermé. Les gardiens se blâment souvent pour les défaites d’une équipe, et je trouvais qu’il était pire pour se blâmer que n’importe quel autre gardien que j’ai vu», a raconté l’homme de 80 ans.
«Si l’équipe ne gagnait pas, il se sentait tellement coupable. Il disait qu’il aurait pu faire plus et il cherchait le summum à chaque match. Ça m’a frappé énormément. Je sentais qu’il se mettait trop de pression pour faire gagner l’équipe à tous les soirs. Heureusement qu’on gagnait plus souvent qu’on perdait», a-t-il souligné.
Retraite prématurée?
À sa dernière saison devant le filet du Tricolore, Dryden a conservé une moyenne de buts alloués de 2,30 et un pourcentage d’arrêts de ,909. Sa fiche de 30-10-7 faisait l’envie de bien des gardiens.
Il a pris sa retraite après avoir décroché un quatrième trophée Vézina de suite. Et pourtant...
«Je le voyais, qu’à la fin, la pression de performance le minait pas mal. C’était comme ça à tous les jours. Personnellement, je pense que c’est l’une des raisons qui l’ont poussé à quitter le hockey à 31 ans», a assuré Lemaire.
«Il y avait d’autres raisons, comme le fait de vouloir pratiquer le droit. Mais à la fin, il trouvait qu’il ne performait pas comme il aurait aimé performer tout le temps. Pourtant, il a été bon jusqu’au bout. Peut-être aussi qu’il voyait que l’avenir de l’équipe serait différent», a-t-il laissé entendre.
Un vrai étudiant du hockey
La passion pour les études en droit de Dryden est bien connue, mais s’il y a une autre «matière» que le gardien adorait étudier, c’était bien le hockey.
C’est d’ailleurs un autre côté que Lemaire retient du gardien et qu’il grandement apprécié.
«Malgré tout le stress qu’il s’imposait, ce que je retiens, c’est le calme qu’il dégageait sur la glace. Il était vraiment intelligent et il n’y en avait pas un qui étudiait plus la game. Tu pouvais lui parler de n’importe quel joueur, et il avait quelque chose à dire d’intéressant. Ses pensées étaient profondes», a mentionné Lemaire, qui a lui-même été studieux du hockey au point de connaître une brillante deuxième carrière comme entraîneur.