Il est grand temps de revoir le fonctionnement du Temple de la renommée

Jean-Charles Lajoie
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Un des gros sujets cette semaine est l’intronisation des élus 2024 au Temple de la renommée du hockey. On est tous contents pour Shea Weber et on se demande si Carey Price sera intronisé dès l’an prochain.
Tout ceci est l’arbre qui cache la forêt. Je pense que la Ligue nationale de hockey (LNH) doit procéder à un sérieux examen de conscience et revoir de fond en comble le fonctionnement du Temple de la renommée.
Le processus est en apparence tout ce qu’il y a de plus démocratique, mais en même temps, 18 membres d’un seul comité ont droit de vie ou de mort sur des admissions ou non au panthéon. C’est passéiste, c’est dépassé, ça n’a aucun sens...
Gary Bettman cherche continuellement à augmenter les revenus de sa ligue, c’est l’élément le plus important de son plan d’affaires, de son mandat. Une visibilité accrue se traduit généralement par des revenus accrus. Je déplore que le Temple de la renommée soit aussi opaque, un cercle aussi fermé, un boys club qui donne souvent impression que pour y entrer ce n’est pas tant qui tu as été, mais qui tu connais.
Le baseball majeur est souvent comme étant rétrograde et ultraconservateur. Or, je trouve que son système d’intronisation au temple de Cooperstown est carrément du génie.
Le temple de la renommée du baseball est un roman savon extraordinaire, c’est une télé-réalité sportive qui fait beaucoup jaser et qui est passionnante à suivre.
Il est grandement temps que Bettman et ses penseurs emboitent le pas. La LNH doit créer un pool de votation comprenant au moins 100 membres des médias affectés à la couverture quotidienne de l’une ou l’autre de ses 32 équipes, avec une équité entre les différents marchés.
Pas question d’avoir 12 électeurs de Montréal parce qu’il y a quatre fois plus de journalistes sur le beat du Canadien que sur celui des Blue Jackets de Columbus. Et ensuite, un pool de grands électeurs serait chargé de dresser la liste des 20 candidats actifs qui, chaque année, seraient soumis au vote des 100 électeurs.
Il faut que la candidature d’un joueur ait sa date de péremption comme au baseball. Au bout de dix ans, à mon avis. Un joueur ne devrait pas être admissible avant cinq ans suivant la réception de son dernier chèque de paye de la part d’une équipe. Weber n’aurait donc pas pu entrer cette année et Carey Price ne pourrait pas non plus être admis l’an prochain.
La mathématique déterminerait le score des possibles admis, avec le même type de règle qu’au baseball. Si tu n’as pas au moins 5% du vote, tu es automatiquement exclu et, si tu reçois au moins 75% du vote, tu entres automatiquement.
Un exclu aurait la chance d’être repêché par le poolde grands électeurs pour une période de cinq ans suivant son intronisation. Autant ça a l’air compliqué comme je l’explique ici, autant je vous le dis ce serait passionnant.
Imaginez le show de télé incroyable que ça ferait. Des caméras chez les 20 candidats en simultané, le dévoilement des résultats des votes, les réactions à chaud... un beau délire! Mais surtout, une opportunité de contenu en valeur ajouté pour Bettman auprès de ses nouveaux meilleurs amis des GAFAM.
Or, ici au Canada, je pense qu’autant de gens suivraient cette soirée d’élection qu’il y en a qui suivent les soirées de repêchages ou les journées de dates limites des transactions. À la télévision traditionnelle, de surcroît.
Pourquoi la LNH tarde autant à se mettre à la page, elle qui vise le jeune public et des parts de marché augmentées? Si ce n’est que quelques dinosaures résistent encore à l’usure du temps.
Le temps et le Temple, j’imagine que ça va ensemble?