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«Il avait un doigt en moi»: un ostéopathe accusé d’avoir violé des femmes en pleine consultation en France

AFP

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2026-06-02T16:59:48Z

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« Tétanisée », « blessée et salie »: les patientes qui accusent un ostéopathe de les avoir violées en consultation, dans son cabinet de l’est de la France, ont relaté mardi devant le tribunal les traumatismes qu’elles disent avoir subis et affiché leur solidarité.

Pierre Garitte, 37 ans, exerçait depuis 2014 et était implanté à Eschau, près de Strasbourg. Il comparaît libre, sous contrôle judiciaire, depuis lundi et jusqu’au 10 juin, et encourt 20 ans de réclusion criminelle.

Le tabou qui entoure les violences commises par les professionnels de santé se lève progressivement depuis une dizaine d’années, avait relevé en amont du procès Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol.

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À la barre, Anne-Lise (désignée, comme les autres parties civiles, par un prénom d’emprunt afin de protéger son anonymat), a raconté comment elle a « rangé dans une case mauvais souvenirs » ce qui lui était arrivé lors de la séance du 11 janvier 2019 chez Pierre Garitte.

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Une autre, Cindy, a pensé s’être fait « des films » et a mis « dans un coin de la tête » ce qui s’était passé. « Je n’acceptais pas du tout d’être une victime, d’avoir subi un viol, parce que c’est pas à moi que ça arrive, ces choses-là », a raconté cette quadragénaire.

Au deuxième jour du procès, la cour s’est penchée sur les huit femmes, aujourd’hui âgées de 30 à 83 ans, qui accusent le praticien de viols entre début 2019 et 2020.

L’une d’entre elles a été excusée pour raison médicale liée à son stress post-traumatique.

L’ancien ostéopathe est aussi accusé d’agressions sexuelles sur 23 patientes.

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- « Envie de hurler » -

Les plaignantes ont souvent raconté le même mode opératoire : le praticien les couvrait d’un plaid, leur faisait mettre une main sur la sienne, s’approchait des parties intimes jusqu’à y glisser, par surprise et sans gants, un ou plusieurs doigts, en respirant fort.

Déborah, 48 ans, est la première patiente à avoir porté plainte pour viol contre Pierre Garitte, en septembre 2020.

En 2017, après une séance lors de laquelle le praticien lui dit qu’elle a « un corps de femme violée » et approche sa main de sa culotte lors des manipulations, elle décide de ne plus le voir. Mais début 2019, alors qu’elle souffre de vertiges douloureux, elle y retourne.

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Il lui dit qu’il va travailler le bas du corps, et sans prévenir, la pénètre dans le vagin.

« Ça dure, ça dure, pour moi ça a duré au moins 20 minutes, c’est extrêmement long », raconte-t-elle, pleurant à plusieurs reprises.

« Dans ma tête, j’ai tout qui passe : pourquoi tu ne pars pas en courant ? J’avais juste envie de hurler “casse-toi, casse-toi”, je n’y arrivais pas ».

En fin de séance, il lui dit : « C’était l’âme de ta maman qui était coincée dans ton utérus, je viens de la libérer ».

Pierre Garitte a nié l’avoir pénétrée, comme il l’a fait pour toutes les patientes sauf une.

- « Nous, on subit -

« J’étais tétanisée », a aussi raconté Anna, pénétrée par l’ostéopathe devant son garçon de cinq ans, alors qu’elle lui avait demandé, deux séances plus tôt, de cesser d’approcher ses parties intimes.

« Avec mon fils, il parlait Pokémon pendant qu’il avait un doigt en moi », a-t-elle dit, en larmes.

« Ce n’est pas facile, on se demande si c’est de notre faute », a témoigné Marion, kinésithérapeute de 30 ans.

Lorsque l’avocate de Déborah, Anne-Sophie Wagnon-Horiot, lui demande si elle regrette d’avoir recommandé cet ostéopathe à trois de ses amies - dont deux sont partie civile au procès - elle fond en larmes.

« J’ai envie de dire non parce que ce n’est pas moi qui ai fait les actes, mais oui parce que j’aurais dû voir que ce n’était pas la bonne personne », dit-elle.

« On se sent toujours blessée et salie », a témoigné Christine, qui a raconté avoir été pénétrée par Pierre Garitte alors qu’âgée de 77 ans, elle se remettait d’une opération.

« Hier, M. Garitte se plaignait de ce qu’il vivait à travers ce procès », a lancé Anna. « J’ai envie de dire : nous, on subit, on n’a pas choisi cette situation. Lui, il l’a choisie.

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