Il a vécu un congédiement similaire à celui de Patrick Roy : Michel Bergeron sympathise


Stéphane Cadorette
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S’il y a un entraîneur au Québec qui peut comprendre la situation que vit actuellement Patrick Roy, c’est bien Michel Bergeron. Le Tigre avait été congédié par les Rangers avec deux matchs à jouer, à l’aube des séries, en 1989.
À l’époque, à sa deuxième saison dans la Grosse Pomme, Bergeron avait guidé les Rangers vers une place en séries. L’équipe se battait pour le deuxième rang de sa division avec les Penguins et justement, à quelques heures d’un duel critique à Pittsburgh, Bergeron avait été viré par Phil Esposito.
« On avait une belle relation et je ne l’ai jamais vu venir quand j’ai été congédié. Tout allait bien, tout allait super bien ! J’ai reçu un appel à 8 h le matin pour me dire d’aller voir Phil à sa chambre d’hôtel. Ce qui m’avait surpris, c’est qu’il n’était pas du voyage. Il avait volé le matin même de New York à Pittsburgh pour m’annoncer qu’il me congédiait », s’est remémoré Bergeron, tout en se disant renversé de la nouvelle concernant Patrick Roy.
« Je peux bien comprendre les moments qu’il traverse en ce moment, pour l’avoir vécu. Ce congédiement me surprend vraiment beaucoup. Pour moi, les Islanders, les Penguins et les Bruins causent des grosses surprises cette année. Les résultats ne sont pas décevants à New York, au contraire », a-t-il indiqué.
Quelle relation ?
Bergeron ne peut pas faire autrement que de se sentir comme il y a 37 ans lorsqu’il pense à Roy. Il se dit que contrairement à son congédiement du printemps 1989, probablement que la relation entre Roy et le directeur général Mathieu Darche battait de l’aile.
« La seule question que tout le monde va se poser, c’est : comment était la relation ? C’est ça qu’on ne sait pas.
« C’est peut-être simplement parce que Darche est arrivé après Patrick et il n’était pas son homme de confiance », a réfléchi Bergeron.
L’ancien pilote des Nordiques se dit convaincu qu’il fallait bien plus que la mauvaise séquence actuelle des Islanders pour opter pour un congédiement.
« Ce n’était pas une grosse équipe. Comme bien d’autres, je n’avais placé les Islanders dans les séries avant le début de l’année. Probablement qu’il y a eu des discussions, des malentendus. Pourtant, je me souviens des commentaires de Mathieu Darche, quand il disait que Patrick et lui, ça se passait super bien, qu’ils avaient une belle relation. Il avait même dit que Patrick était un gars humble. Je ne comprends pas trop. »
Encore DeBoer
Comme John Tortorella et bien d’autres, Peter DeBoer, qui succède à Roy, fait aussi partie du cercle des entraîneurs dont la durée de vie semble éternelle. Il en sera à sa sixième équipe.
« On entendait dire de plus en plus que Toronto avait l’œil sur DeBoer et les Islanders ont peut-être voulu bouger vite. DeBoer a eu des problèmes de gestion humaine avec certains joueurs, comme on l’a vu quand il a pointé du doigt son gardien à Dallas la saison passée, mais il demeure un maudit bon coach, c’est évident », a plaidé Bergeron.
« Quant à Patrick, je ne sais pas s’il va vouloir tourner la page. Pour avoir donné toutes ces années aux Remparts, il faut qu’il aime ça pas à peu près coacher. C’est évident qu’il est encore passionné. »