Tous les résultats
Publicité

Il a suffi d’un tir au but

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-12-04T23:15:00Z

Partager

C’est une saison de misère pour le Canadien. Une autre saison perdue sur la route de l’hypothétique reconstruction, palpable au regard de l’alignement, mais carrément ésotérique quant aux perspectives d’une éventuelle coupe Stanley quelque part dans le futur. 

C’est une saison triste qui porte son lot de désintéressement, même chez les partisans les plus fidèles. Mais dans le fond, depuis mardi soir, j’ai envie de modifier mon temps de verbe pour «c’était» une saison de misère.

Il y a de ces soirées, ici à Montréal, où la magie s’installe. La rentrée de Patrik Laine a permis cet alignement de planètes dont la ville semble avoir le secret. Le Canadien est cinématographique, avec ce que cela comporte de débordement de haine quand ça va mal, mais de trop plein de beau quand ça va bien.

Le partisan moyen avait bien peu à se mettre sous la dent cette saison. La venue du diminutif Lane Hutson a sauvé la mise du premier quart de la saison. Ça, et la poussée de buts de Cole Caufield, encore bien en vie dans la lutte pour l’obtention du trophée Maurice-Richard.

Deux phénomènes qui ont assuré un peu d’oxygène dans le poumon du «fan» du CH, mais qui s’étouffaient tout doucement sous le poids des défaites.

Publicité

Puis, Patrik Laine est débarqué, mardi soir, et semble avoir sauvé la mise de ce deuxième quart de la saison. Le grand Finnois ténébreux, l’homme aux cils blancs et aux tenues spectaculaires, a embrassé ce match et avec lui, la tonne de partisans de l’équipe

Il a pourtant suffi d’un seul tir au but. Mais quel tir! Un laser que moins de 10 gars peuvent prétendre être capable de dégainer dans toute la Ligue nationale. Montréal a désormais deux de ces dix gars-là : Cole Caufield et Patrik Laine.

Caufield a d’ailleurs été le premier à embrasser Laine après ce but anthologique qui restera dans la mémoire collective. Le petit Cole est tout un joueur d’équipe.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Pourtant, Laine a marqué ce formidable but depuis le bureau habituellement réservé à Caufield sur la première vague du jeu de puissance.

Quelle sera la suite? Est-ce que Martin St-Louis a l’intention de laisser Laine dans le bureau d’«Ovi» et de Caufield? Si oui, que restera-t-il à Cole comme options afin de poursuivre sa course vers le titre de buteur de l’année dans la Ligue nationale? Est-ce que la présence de Laine dans son bureau ralentira sa production au point de lui faire même rater la barre des 40 buts?

Quel heureux problème toutefois. Un problème qui trouve des solutions aisément si tout le monde reste en santé. Caufield a marqué plusieurs buts dans cette position de «shooter», c’est vrai. Mais il en a aussi scoré beaucoup sur des retours alors qu’il se trouvait sur la ligne des buts.

C’est là où il doit, à mon sens, se retrouver sur la première vague, en côté opposé de Laine, avec Suzuki en «bumper», dans l’enclave et Matheson en pointe comme quart-arrière.

Et c’est ici que ça m’excite. Pour moi, Lane Hutson doit compléter cette première vague avec liberté totale de mouvement. Je veux voir les pieds d’Hutson bouger sans relâche. Il est le «rover» qui doit mener la charge en trouvant les lignes de passe pour alimenter les tirs de Laine, Suzuki et Caufield.

Un tireur d’élite, c’est bien, deux, c’est assurément mieux. Laine et Caufield peuvent faire la paire et rendre le jeu de puissance du Canadien franchement menaçant.

D’ici la visite de Nashville et le Laine prise deux, on profite avec grand plaisir des bonnes vapeurs du roi Patrik qui, hier, n’était pas celui qui dirigeait les Islanders, mais bien Laine, déjà un «pure laine de Sainte-Flanelle».

Publicité
Publicité