Il a fallu tomber sur la meilleure version de Binnington


Jonathan Bernier
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Jordan Binnington connaît une saison difficile à St-Louis. Avant la visite du Canadien, il affichait une ronflante moyenne de 3,56 et un taux d’efficacité de ,869. Toutefois, le temps d’un soir, il a démontré pourquoi Équipe Canada lui confiera le poste de gardien numéro un aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, dans un peu plus d’un mois.
Devant la cage des Blues, il a repoussé les 25 tirs du Canadien en route vers un jeu blanc de 2 à 0. Son premier coup de pinceau en un an.
Arès la rencontre, les troupiers de Martin St-Louis ont parlé de manque d’exécution.
Néanmoins, il faut donner crédit à l’Ontarien de 32 ans.
Il a monté la garde pendant les 97 secondes au cours desquels le Tricolore a évolué avec l’avantage de deux hommes. À deux occasions, il a frustré Cole Caufield, avant de lui-même s’assurer de couper une passe transversale.
Quelques secondes auparavant, il avait affiché un synchronisme parfait pour stopper le tir sur réception d’Ivan Demidov.
En fin de deuxième engagement, il a arrêté Zachary Bolduc en refusant de mordre sur la feinte de son ancien coéquipier.
Il a répété son manège dans les derniers instants du troisième engagement, devant Caufield et Nick Suzuki, alors que les visiteurs tentaient une dernière poussée.
Pas mal pour quelqu’un qui avait accordé trois buts ou plus lors de sept de ses neuf derniers départs. Et ici, on ne parle seulement que des prouesses qu’il a effectuées devant son filet.
Il a été tout aussi efficace autour de celui-ci. Possiblement le plus habile gardien avec la rondelle depuis Martin Brodeur, il a ni plus ni moins campé le rôle de troisième défenseur.
Difficile d’appliquer de la pression en territoire ennemi lorsque le gardien adverse s’occupe lui-même de récupérer le disque pour relancer l’attaque.
Des moments d’inattention
Voilà qui explique en partie la victoire des Blues, qui disputaient un second match en 24 heures.
On peut également se demander si le réservoir des joueurs en blanc ne commence pas à manquer d’essence.
Oui, ils ont bénéficié d’un congé de quelques jours en cours de route, mais ils disputaient, samedi, le sixième d’une séquence de sept rencontres sur les patinoires adverses.
Puisqu’ils venaient de récolter huit points sur une possibilité de 10 face à des rivaux directs de l’Association de l’Est, on peut se demander si le niveau d’émotion n’était pas un peu usé.
Les Blues ont profité de moments d’inattention pour s’amener en surnombre à quelques occasions devant Jacob Fowler.
L’Américain a cédé devant Jonathan Berggren et Robert Thomas. Dans un cas comme dans l’autre, les attaquants des Blues ont justement profité d’un revirement pour toucher la cible.
Thomas a déjoué Fowler alors que Pavel Buchnevich se trouvait au cachot.
Un troisième trio dangereux
À forces égales, c’est le trio composé de Bolduc, Philip Danault et Brendan Gallagher qui fut le plus menaçant à forces égales. Selon le site naturalstattrick.com, cette unité a obtenu cinq des huit occasions de marquer dangereuses du Canadien. Tout en en accordant aucune à l’adversaire.
Un rendement sans doute en partie attribuable à cette autre soirée efficace de Danault dans le cercle des mises en jeu. Le vétéran a remporté 11 de ses 18 mises en jeu (61%).
Au chapitre des bonnes nouvelles, le Tricolore a pu compter sur le retour de Mike Matheson, absent en Caroline en raison de la mise en échec à la tête que lui avait servie Brad Marchand dans les derniers instants de la troisième période en Floride. Il a foulé la glace pendant un peu plus de 21 minutes.
Josh Anderson, pour sa part, n’était pas en uniforme. L’attaquant a quitté le match de jeudi, après la deuxième période.
Le Canadien complétera son voyage dimanche après-midi, à Dallas. C’est possiblement à Samuel Montembeault que reviendra la tâche de repousser les attaques des Stars.