«Il a enlevé de l’hésitation»: la meilleure version de Zachary Bolduc est-elle arrivée?

Nicolas Cloutier
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On a accordé beaucoup d’attention au réveil de Kirby Dach dans la série contre le Lightning, à un point tel qu’une autre émergence, celle de Zachary Bolduc, est passée un peu sous silence.
En trois matchs, Bolduc a passé 29 minutes et 13 secondes sur la patinoire à cinq contre cinq. Son bilan dans cette trentaine de minutes est le meilleur parmi tous les attaquants du CH dans le tournoi d’après-saison.
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Quand Bolduc foulait la patinoire, le CH a tenté 35 tirs, contre seulement 24 pour le Lightning : un indice Corsi de 59,32 %, au premier rang des joueurs d’avant du Tricolore.
Le différentiel de Bolduc à cinq contre cinq est de +3 : trois buts marqués en sa présence, aucun accordé.
Lors du troisième acte de la série contre le Lightning, vendredi soir, Bolduc a mis son empreinte en réalisant deux jeux déterminants.
Le premier, en saisissant une passe soulevée de Dach en plein vol avant de rejoindre Alexandre Texier dans le haut de l’enclave pour le premier but de la rencontre.
Le deuxième, en prolongation, en interceptant un relais de Declan Carlile en échec avant. Une action qui a ultimement permis à Lane Hutson de s’emparer de la rondelle à la pointe.
Une troisième microaction, encore sur le but victorieux de Hutson : il bataille durement dans l’enclave avec ce même Carlile pour voiler la vue du gardien Vasilevskiy.
Il y a une raison pour laquelle nous avons choisi Bolduc comme potentiel héros obscur du CH en séries éliminatoires.
« Je pense que les séries l’aident à jouer dans son ADN », a mentionné l’entraîneur-chef du Canadien, Martin St-Louis, samedi matin, la veille du quatrième match contre le Lightning.
Une progression
Au-delà des séries, l’efficacité décuplée de Bolduc est attribuable à une progression au fil de la saison, rappelle St-Louis.
« Un joueur qui débarque dans une nouvelle équipe veut bien faire, a-t-il souligné. À travers ça, tu apprends des concepts et des systèmes. Ça prend du temps avant que les choses soient fluides. »
En début de saison, Bolduc avait lui-même admis qu’il se familiarisait avec le système de couverture défensif du Canadien, sensiblement différent de celui qu’il avait appris chez les Blues de St. Louis.
On retient, aussi, une séquence de 31 matchs sans but du 28 décembre au 24 mars.
« Je sais qu’il aurait aimé ça marquer plus de buts cette année, a reconnu St-Louis. Mais plus je le voyais, plus les choses semblaient simples pour lui. Sa lecture de jeu [était meilleure]. »
Traduction : Bolduc a acquis ces automatismes qui lui permettent de jouer plus librement.
« Au fur et à mesure, il développait plus d’anticipation et les moments d’hésitation étaient moins nombreux », a noté le pilote du CH.
Et un Bolduc qui hésite est franchement moins efficace. On demande après tout à ce Québécois au style rugueux de jouer en ligne droite.
« Pour qu’il joue dans son ADN, tu ne veux pas qu’il ait d’hésitation », a fait valoir St-Louis.
Vitesse et robustesse
Un précepte de St-Louis, d’ailleurs, est que la vitesse et la robustesse sont corrélées. Un attaquant lent ne peut être cet agent du chaos en territoire adverse s’il accuse constamment un pas de retard en échec avant.
Sans avoir la charpente d’un colosse comme Tom Wilson, Bolduc a ces outils qui lui permettent de jouer du coude.
« Il amène de la rapidité et, avec sa rapidité, il est capable d’avoir de la pesanteur, a expliqué St-Louis. Il a de bonnes touches, il est fatigant.
« Après toute une saison à travailler sur le plan collectif, il a enlevé de l’hésitation et la game est plus facile. »
Le défi est maintenant de reproduire le troisième match. Ce qui commence, selon le principal intéressé, par une bonne préparation.
Pas évident, toutefois, quand on revient du Centre Bell avec l’adrénaline dans le tapis, après une rencontre émotive comme celle de vendredi...
« Personnellement, j’ai toujours trouvé ça difficile de dormir après les matchs, a confié Bolduc, qui était parmi la poignée de joueurs réguliers à l’entraînement optionnel de samedi matin au Centre Bell. On a eu un meeting ce matin, mais ce sera une journée assez légère. »
La mentalité du what’s next implantée par l’entraîneur est bien ancrée dans ce vestiaire.
« Tu dois repartir à neuf assez rapidement, a rappelé Bolduc. Si tu t’assois sur cette victoire-là, le match de demain peut te glisser entre les doigts. »