«Il a allongé ma carrière»: Kevin Poulin raconte la méthode Marco Marciano

Nicolas Cloutier
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«Un maniaque de hockey» qui, muni de son iPad, ne laisse rien au hasard: c’est l’homme que le Canadien semble avoir promu sur une base intérimaire, mercredi, en Marco Marciano.
«Il s’intéresse absolument à tout, lance Kevin Poulin, rejoint par TVA Sports dans les moments qui ont suivi l’annonce de la promotion de Marciano. Il va passer aussi beaucoup de temps à décortiquer les joueurs pour t’aider à comprendre leurs tendances.»
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Ex-gardien de la LNH avec les Islanders, Poulin connaît Marciano depuis qu’il a 14 ans. Il avait travaillé avec lui un été, avant de faire ses débuts dans le midget AAA. Ce n’est que plus tard, en 2018, que leurs chemins se sont recroisés.
L’entraîneur avec qui Poulin travaillait depuis des lunes, son grand ami Daniel Fréchette, a été tristement emporté par la maladie.
Poulin, qui roulait sa bosse en Europe, a donc recontacté un vieux complice. Et il a découvert tout un nouveau monde d’analyse technique, loin de ce qu’il avait vu dans la LNH et sur le Vieux Continent.
La fameuse boîte
«Avant de collaborer avec lui en 2018, j’avais été habitué à des méthodes vraiment de base dans l’enseignement des gardiens, se souvient très bien le principal intéressé. Le métier n’était pas au niveau que l’on connaît aujourd’hui.»
Marciano a sorti l’iPad et s’est mis à filmer son protégé dans une multitude de prises de vues. Il a initié Poulin à une vision très technique, scientifique et calculée de l’analyse du travail de gardien de but. Une approche plus scolaire, enfin.
«Il m’a présenté différents angles et m’a fait mieux comprendre comment on occupait l’espace devant le filet, mentionne Poulin. Il m’a fait réaliser que je n’avais pas besoin de bouger autant en me montrant exactement où le mouvement pouvait s’arrêter.»
Poulin, comme athlète, était doté de «l’instinct du gros arrêt». Mais il avait besoin d’encadrement. Marciano lui a appris à rester dans ce que l’on appelle «la boîte», un carré de sable que Marciano avait précisément délimité pour lui.
«Il a rallongé ma carrière», constate le Montréalais, aujourd’hui à la retraite.
Pour son retour en Amérique du Nord à 31 ans, Poulin avait commencé au bas de l’échelle dans l’organisation du Canadien. Il avait obtenu le premier départ de l’histoire des Lions de Trois-Rivières dans l’ECHL.
Grâce à l’aide de Marciano, il a connu une sorte de renaissance en fin de carrière. Rappelé par le Rocket en début de saison, il a été étincelant dans la Ligue américaine de hockey en 2021-2022 avec une fiche de 18-8-3, un taux d’efficacité de ,920 et une moyenne de buts alloués de 2,34.
Il a vu l’évolution de Dobes
La dernière saison de Poulin dans le hockey professionnel a d’ailleurs coïncidé avec l’entrée en scène de Jakub Dobes à Laval.
Dobes sortait des collèges américains après deux années couronnées de succès à l’Université d’État de l’Ohio, mais sa technique était encore assez approximative. Il avait accompagné le Rocket pour la fin de la saison 2022-2023, sans obtenir de départs.
Purement comme fan, Poulin a continué de le surveiller après avoir accroché les jambières. Il a perçu une évolution par rapport à ce qu’il avait observé dans les entraînements.
«Il avait beaucoup de qualités athlétiques, se rappelle Poulin. Mais Marciano lui a donné l’encadrement. Il a peaufiné sa technique.»
En faisant, grossièrement, un peu ce qu’il a fait auprès de Poulin. En lui apprenant à rester «dans la boîte».
Quand Dobes reste dans la boîte, d’ailleurs, il connaît beaucoup de succès. C’est quand il perd son calme et s’éparpille que les choses tournent au vinaigre.
Des retrouvailles avec Marciano semblent être ce que le médecin a prescrit pour le grand Tchèque.