ICE, Donald Trump, trou dans la glace: les questions et les controverses qui entourent les Jeux olympiques en Italie


Jessica Lapinski
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Ce qu’on aimerait dissocier le sport de la politique, pour laisser à la planète entière le temps de s’apaiser pendant deux semaines! Mais il n’y a pas d’épreuves sportives plus politiques que les Jeux olympiques.
Les Jeux de Berlin, en 1936, l’attentat de Munich, en 1972, le boycottage par le bloc de l’Ouest des Olympiques de Moscou, en 1980, puis celui par l’Est des Olympiques de Los Angeles, quatre ans plus tard: ce sont les exemples les plus frappants, mais ils sont loin d’être les seuls.
Parfois, les conflits internationaux se transposent sur les pistes ou sur les patinoires. La victoire des États-Unis contre l’Union soviétique, le fameux «miracle sur glace» de Lake Placid, en 1980, aurait-elle été aussi savoureuse pour les Américains si elle ne s’était pas déroulée sur fond de guerre froide?
La défaite aurait-elle fait aussi mal à l’URSS si elle ne s’était pas jouée dans un monde déchiré entre capitalistes et communistes?
Maduro, Groenland...
La Terre bouillonne en ce moment. La capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, début janvier, semble avoir jeté les bases d’une nouvelle dynamique mondiale.
À cela s’ajoute le désir de mettre la main sur le Groenland que le président Donald Trump ne cache plus. Et maints autres conflits aussi, à commencer par l’invasion armée de l’Ukraine par la Russie – absente de Milan –, toujours en cours, ou encore celui qui perdure entre Israël et la Palestine.
Mais, au-delà de la politique, il y a le traditionnel enjeu qui vient avec les Jeux et auquel Milan-Cortina n’échappe pas: les retards de construction.
L’ICE à Milan et envies expansionnistes de Donald Trump: comment les Américains seront-ils accueillis en Italie?
Donald Trump n’a pas à s’inquiéter d’être hué durant la cérémonie d’ouverture de ces Jeux olympiques, le 6 février. Le président américain n’y sera pas, aux dernières nouvelles, et les États-Unis seront plutôt représentés par son bras droit, JD Vance.
Quant au désir de certains de voir les Américains être bannis de ces Jeux en raison des gestes posés au Venezuela, il est vite mort dans l’œuf. Le CIO a refusé. Il en faut plus que ça pour perdre son accès olympique.
Les Américains ne s’en vont d’ailleurs pas en terrain ennemi, dans la bellissime Milan. La présidente italienne, Giorgia Meloni, est une «alliée sur laquelle Trump peut compter», écrivait Le Monde diplomatique en juillet dernier.

C’est une femme d’extrême droite, qui dirige une coalition de droite depuis trois ans.
«Meloni était la seule cheffe de gouvernement européenne invitée à l’investiture de Donald Trump», explique Le Monde diplomatique.
«Il la considère comme une alliée privilégiée et une âme sœur idéologique, partageant son aversion pour le wokisme et l’immigration ainsi que sa défense des valeurs chrétiennes», lit-on.
La rencontre de la Saint-Valentin
Mais quel accueil recevront les États-Unis en sol olympique? Peut-on s’attendre à des huées envers leurs athlètes, comme celles qui ont traversé le Canada sous la menace de tarifs douaniers?
Après tout, le président a menacé la Terre entière – y compris des îles inoccupées – de ces mêmes tarifs... Rien n’est impossible, donc. Dick Pound, ancien vice-président du Comité international olympique, tenait toutefois des propos rassurants dans nos pages, la semaine dernière.
«On a vu les deux Corées marcher ensemble lors de la cérémonie d’ouverture à Pyeongchang, et former une seule équipe de hockey féminin. Il y a des petits miracles comme ça [durant les Jeux]», rappelait le Montréalais.
D’ailleurs, dans les derniers jours, le président a promis de ne pas chercher à annexer le Groenland, propriété du Danemark, par la force.
De quoi adoucir les esprits, quoique le match de hockey entre Américains et Danois aura tout de même une connotation politique... le jour de la Saint-Valentin.
La polémique ICE
Une autre polémique a toutefois fait surface: la présence annoncée à Milan d’une division de l’ICE, la police américaine de l’immigration.
Celle-ci contribuera à la sécurité de l’événement. «Bien évidemment, l’ICE ne mène pas d’opérations en matière d’immigration à l’étranger», a précisé l’agence, citée par l’AFP.
Mais le nom de ICE suffit à semer la polémique depuis que deux citoyens américains ont été tués par ses agents à Minneapolis en un court laps de temps.

L’aréna, le centre de glisse... Milan et Cortina seront-elles vraiment prêtes?
Avant ceux qui se dérouleront sur les pistes, les travailleurs chargés de préparer certains sites olympiques sont entrés dans un contre-la-montre afin que Milan et Cortina soient prêtes à accueillir les athlètes du monde entier.
L’amphithéâtre Santagiulia accusait des retards de construction importants dans les dernières semaines. Si bien que la LNH a menacé, en vue du retour de ses hockeyeurs aux Jeux après 12 ans d’absence, de garder ses joueurs en Amérique du Nord si la qualité de l’installation ne convenait pas aux standards du circuit.

L’épreuve-test a été déplacée de décembre à janvier. Celle-ci ne s’est pas déroulée sans fautes. Un trou de la taille de deux rondelles, environ, s’est formé sur la glace lors d’un match du championnat italien.
Semble-t-il que tout sera prêt à temps, finalement, mais encore faudra-t-il voir si la glace plaira aux hockeyeurs de la LNH. Déjà, il a été annoncé que la glace olympique serait plus de trois à quatre pieds plus petite que celle des 32 amphithéâtres du circuit.

Beaucoup et trop vite
Mais le nouvel aréna construit au fil des trois dernières années n’est pas l’unique installation qui inquiète le comité organisateur. Il y a aussi le centre de glisse, hôte à Cortina des épreuves de bobsleigh, de luge et de skeleton.
Le hic, dans un comme dans l’autre, c’est que le Comité olympique italien a décidé d’aller de l’avant avec de toutes nouvelles infrastructures il y a trois ans à peine. L’échéancier était donc serré à la base.
«Le centre glissant. Reste-t-il du travail à faire? Oui, beaucoup», a déclaré Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux olympiques au Comité international olympique, lors d’une conférence de presse tenue à Milan dans les derniers jours.
«Mais on m’a dit que ce n’est pas un travail complexe. Tout ce qui concerne les systèmes, la réfrigération de la piste, le pointage, les caméras, tout est en place», a-t-il précisé, cité par Reuters.