Huit morts dans des frappes américaines contre trois navires liés au «narcotrafic»
AFP
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L'armée américaine a annoncé avoir frappé lundi trois nouveaux navires de narcotrafiquants présumés dans le Pacifique, tuant huit personnes, nouvel épisode d'une campagne dont la légalité reste contestée à Washington comme à l'étranger.
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«Des renseignements ont confirmé que ces navires transitaient le long de routes connues du narcotrafic dans l'est du Pacifique et étaient impliqués dans le narcotrafic», a déclaré le commandement Sud des États-Unis sur X, avec une vidéo de frappes de bateaux en mer.
Huit hommes ont été tués dans ces opérations, a ajouté l'armée, soulignant avoir opéré «sous la direction» du ministre de la Défense Pete Hegseth.
Depuis début septembre, les États-Unis ont mené des frappes contre au moins 26 navires dans les Caraïbes ou l'est du Pacifique, tuant au moins 95 personnes, sans jamais fournir de preuve de leur implication dans le trafic de drogues.
On Dec. 15, at the direction of @SecWar Pete Hegseth, Joint Task Force Southern Spear conducted lethal kinetic strikes on three vessels operated by Designated Terrorist Organizations in international waters. Intelligence confirmed that the vessels were transiting along known… pic.twitter.com/IQfCVvUpau
— U.S. Southern Command (@Southcom) December 16, 2025
Les autorités américaines, qui se considèrent en «conflit armé» contre les cartels de drogue, n'ont jamais fourni d'éléments tangibles contre les embarcations frappées, conduisant l'ONU, des experts et des ONG à contester ces opérations.
Le sujet a soulevé de très vifs débats à Washington, notamment une opération datant de début septembre au cours de laquelle l'armée a tiré deux salves, la seconde achevant les deux survivants d'un bateau déjà en flamme.
«Irresponsables et illégales»
Le Sénat doit se réunir en session plénière mardi avec Pete Hegseth et le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, a indiqué le chef des sénateurs démocrates Chuck Sumer qui souhaite un débat «sur les actions irresponsables et illégales de (l')administration dans les Caraïbes».
Le gouvernement américain «semble craindre de fournir ne serait-ce que les réponses les plus élémentaires», a-t-il ajouté dans un post sur X. «Le peuple américain mérite un contrôle. Nous avons l'intention de le lui fournir.»
Selon CNN qui cite deux sources anonymes, Pete Hegseth et Marco Rubio doivent aussi répondre aux questions de la Chambre des représentants dans une réunion à huis clos mardi.
L'administration américaine, rappelle la chaîne, affirme disposer d'informations classifiées du ministère de la Justice pour justifier ces frappes sans intervention de la justice.
Vendredi, l'amiral Alvin Holsey, chargé de superviser cette campagne, a quitté ses fonctions. Il avait fait savoir en octobre qu'il quitterait le commandement des forces américaines pour l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale mi-décembre.
Le tout sans explication après plus de 37 ans dans l'armée. La presse américaine rapporte que le haut gradé était en conflit avec son ministre de la Défense.
«Nous devons toujours répondre présent pour les partenaires et les nations qui partagent nos valeurs, la démocratie, l'État de droit et les droits de l'Homme», a déclaré l'amiral lors de sa passation de pouvoir avec son successeur à Doral, en Floride.
Les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire en mer des Caraïbes depuis le mois d'août au nom de la lutte contre le narcotrafic. Ils ont notamment déployé le plus grand porte-avions du monde, l'USS Gerald Ford.
Le président américain Donald Trump accuse son homologue vénézuélien Nicolas Maduro d'être une tête de réseau ce que ce dernier dément catégoriquement, affirmant que Washington cherche à le renverser pour s'emparer du pétrole de son pays.
L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a exhorté début décembre les pays partenaires des États-Unis à condamner ces frappes «illégales».
«Selon le droit international, le recours intentionnel à une force létale n'est permis qu'en dernier ressort contre un individu représentant une menace imminente pour la vie», avait également souligné en octobre le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme.