L’incroyable bataille que se livrent Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard après deux semaines au Tour de France illustre bien à quel point il est terriblement difficile de gagner une seule étape sur la plus grande course au monde.
Après 15 étapes et plus de 2600 kilomètres de route, les deux champions se retrouvent avec un écart d’à peine 10 secondes au classement général et personne ou presque n’oserait prédire qui défilera vêtu du maillot jaune sur les Champs-Élysées dimanche prochain, le 23 juillet.
Avec les quatre étapes de Jasper Philipsen, seuls 12 cyclistes sur les 176 au départ de la Grande Boucle ont remporté une étape jusqu’à présent. Wout Van Aert, Mathieu Van der Poel ou Thibaut Pinot n’ont pas gagné non plus. Même la super puissante Jumbo-Visma n’a pas d’étape en banque malgré le maillot jaune très fragile de son meneur danois.
De son côté, Hugo Houle revient en force après de légers ennuis de santé la semaine dernière. Lors des trois dernières étapes, le Québécois s’est retrouvé en échappée, dans le bon coup, mais les circonstances ne lui ont pas permis de batailler pour la victoire. Le peloton profitait lundi d’une seconde journée de repos avant d’entamer le dernier droit vers Paris.
En santé
«J’ai repris du poil de la bête et je suis en pleine santé. Les grosses équipes ne laissent pas grand-chose. Dimanche, il m’en manquait un peu, mais j’ai été agressif et j’ai couru comme je voulais. J’étais dans le match», explique le cycliste de 32 ans.
Dès le début de son cinquième Tour de France, Houle avait déjà précisé qu’il pensait être au sommet de sa forme lors de la troisième et dernière semaine. Nous y sommes.
«Je pense que je vais être capable de m’illustrer, mais il n’y pas beaucoup de chose à prendre avec la manière dont le Tour est fait cette année. Mardi, contre-la-montre, mercredi c’est pour les titans, jeudi au sprint. Peut-être vendredi ou samedi, 19e et 20e étape», a précisé le coureur de l’équipe Israel-Premier Tech.
Les différentes stratégies des formations font souvent en sorte que même avec la bonne échappée et la forme d’une vie, les efforts sont parfois ruinés. En se portant à l’attaque, les chances vont toutefois toujours être meilleures que de jouer conservateur à l’abri dans le peloton.
Pas de prix
«Oui, c’est clair qu’une victoire au Tour ça n’a pas de prix. Ça n’arrive pas à chaque année. Ce n’est pas comme si j’allais en ramener une chaque fois mais c’est important d’être présent à l’avant. Je suis au niveau et je suis arrivé au sommet avec Rigoberto Uran dimanche. C’est satisfaisant. De très grands coureurs ne gagneront jamais», a terminé Houle, vainqueur à Foix, le 19 juillet 2022.
L’autre Québécois du groupe, Guillaume Boivin, a reçu de la belle visite, lundi, à Mégève. Son père, sa mère, son frère Pierre-Étienne et ses deux garçons, Roby et Laurier, sont arrivés pour vivre les derniers jours du Tour 2023 avec lui. Les retrouvailles ont permis à l’équipe de produire une super vidéo. «Ça fait du bien de les voir», a avoué le cycliste, qui espère célébrer l’arrivée à Paris après un rendez-vous manqué en 2022 en raison de la maladie.
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Pour la 16e étape, la plus grande rivalité sportive actuelle entre deux athlètes reprendra de plus belle avec un contre-la-montre individuel de 22,4 kilomètres principalement en ascension entre Passy et Combloux, en Haute-Savoie. Le Slovène Tadej Pogacar pourrait ravir le maillot jaune, mais l’écart avec Jonas Vingegaard devrait rester encore très mince.

