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Hostilités désormais ouvertes entre la Maison-Blanche et le Dr Fauci

AFP

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2020-11-01T20:56:27Z
2020-11-01T20:58:43Z

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NEW YORK | Rien ne va plus entre la Maison-Blanche et l’immunologiste Anthony Fauci, coordinateur de la lutte contre les maladies infectieuses aux États-Unis, cette opposition ayant été étalée au grand jour samedi et dimanche. 

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Le respecté expert a critiqué la stratégie du gouvernement Trump pour gérer la résurgence du coronavirus, ce qui lui a valu une contre-attaque de la Maison-Blanche, qui l’accuse de vouloir fragiliser le président candidat.

Longtemps conseiller le plus en vue du chef de l’État sur la pandémie, le Dr Fauci a estimé, dans un entretien au Washington Post, publié samedi, que les États-Unis ne pourraient pas être «plus mal positionnés» pour faire face à l’accélération du nombre de cas de COVID-19.

«Nous allons souffrir», a prévenu celui qui est aussi directeur de l’Institut des maladies infectieuses. «La situation n’est pas bonne.»

Il a indiqué que Donald Trump ne prenait plus ses conseils au sérieux et lui préférait désormais le neuroradiologiste Scott Atlas, favorable à une large réouverture de la société américaine plutôt qu’à un renforcement des mesures de prévention.

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«D’un seul coup, ils ne voulaient plus écouter notre message, parce qu’il ne correspondait pas à ce qu’ils voulaient faire», affirme celui qui dit ne plus avoir parlé au président depuis plusieurs semaines.

Anthony Fauci a noté une différence nette entre l’approche de la Maison-Blanche et celle du candidat démocrate Joe Biden, qui «prend au sérieux [la pandémie] d’un point de vue de santé publique».

Membre de l’équipe de communication de la Maison-Blanche, Judd Deere a jugé «inacceptables» les propos du Dr Fauci.

Pour lui, le médecin «fait entorse à tous les usages (...) en choisissant, trois jours avant une élection, de faire de la politique».

Scott Atlas, très contesté par la communauté scientifique et de santé publique, a de son côté dû s’excuser pour avoir donné une interview à la chaîne d’État russe RT, considérée par de nombreux États occidentaux comme une arme de propagande de la Russie à l’étranger.

Washington avait imposé au groupe RT de s’enregistrer, il y a trois ans, en tant qu’«agent de l’étranger», le considérant un organe du Kremlin, lui-même régulièrement suspecté par les renseignements américains de manœuvres visant à déstabiliser l’élection présidentielle aux États-Unis.

«Je regrette avoir donné cette interview et je m’excuse de m’être laissé abuser. Je m’excuse tout particulièrement auprès des services de renseignement», a tweeté M. Atlas.

Les États-Unis ont enregistré, vendredi, un record de nouveaux cas de coronavirus en 24 heures, à plus de 94 000, et près de 1000 décès pour cette seule journée.

Mi-octobre, lors d’une conférence téléphonique, Donald Trump avait qualifié Anthony Fauci de «désastre» et l’avait inclus dans un groupe de scientifiques partisans d’une approche prudente de la pandémie, «des idiots», selon le président.

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