Honte à Hockey Canada

Karine Gagnon
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Les révélations obtenues lors du passage de Hockey Canada devant le Comité permanent du patrimoine canadien, à la suite d’une histoire de viol collectif impliquant de jeunes joueurs, ne sont pas seulement inquiétantes, mais aussi révoltantes.
Les dirigeants de ce puissant organisme sportif ont été appelés à Ottawa, où les élus souhaitaient faire la lumière sur leur comportement dans cette sordide affaire, qui s’est réglée à l’amiable.
De leurs témoignages subsistent bien des questions sans réponses, dont plusieurs sont absolument primordiales.
Pas rencontrés
Comment en effet expliquer que ces dirigeants aient signé une entente à l’amiable qui a eu comme conséquence de camoufler un viol collectif commis par huit joueurs dont l’identité n’a même pas été révélée ?
Comment expliquer que les 19 joueurs présents lors du viol collectif en 2018 n’ont jamais été rencontrés dans le cadre de l’enquête de Hockey Canada ?
Et surtout, comment expliquer que les dirigeants n’aient pas réagi avec empressement pour dénoncer haut et fort les gestes rapportés, et faire en sorte que les joueurs soient rencontrés et suspendus en attendant que lumière soit faite ?
Les explications de Scott Smith, président et chef de l’exploitation de Hockey Canada, selon qui le processus emprunté dans cette affaire est commun, n’ont rien de rassurant. Bien au contraire. Comment a-t-on pu accepter que de tels gestes, commis par des joueurs dans une organisation qui se respecte, soient ainsi passés sous silence ?
En toute impunité
Car ces joueurs, faut-il le rappeler, représentent des modèles dans les communautés où ils sont basés avec leur équipe.
Certains des présumés agresseurs évoluent même aujourd’hui dans la LNH. Tous continuent leur chemin en toute impunité.
Puis, comment garantir que les individus qui auraient commis le viol collectif n’agresseront pas de nouveau ? Le public ne connaît même pas leur identité !
Cette culture du silence n’est heureusement plus acceptable au Canada en 2022. Hockey Canada démontre cependant qu’elle existe bel et bien toujours dans certains milieux.