Honda et Mazda payent des dizaines de millions de dollars à Tesla pour leur retard en matière de voitures électriques
Les deux constructeurs japonais ont été les seuls à acquérir des crédits compensatoires en 2023 et 2024


Martin Lavoie
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Même s’ils sont loin d’être les constructeurs qui produisent les véhicules les plus énergivores, Honda et Mazda payent pour leur retard en matière de voitures électriques.
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Les deux constructeurs japonais ont été les seuls à acquérir des crédits compensatoires -à Tesla- en 2023 et 2024.
Honda a acheté plus de 27 000 crédits depuis 2018 pour une valeur de gouvernemental de 136,6 millions de $ au tarif gouvernemental de 5000$.
«Quant à la possibilité d’acheter plus de crédits à l’avenir, nous examinerons toutes les options conformes au mandat gouvernemental sur les VZE. Honda vise à ce que les véhicules électriques à batterie et à pile à combustible (hydrogème) représentent 100 % de ses ventes de véhicules d’ici 2040», assure Ken Chiu de Honda Canada.

Cela peut laisser entendre que Honda ratera la cible de Québec de 2035. Sauf qu’actuellement, les règles québécoises ne permettent pas -à partir de 2036- de payer des compensations; seuls des véhicules zéro émission (VZE) pourront être mis en marché.
Un petit géant
Mazda arrive au troisième rang des acheteurs de crédits, avec 11 615, mais sa situation est peut-être plus inconfortable que celle de Honda.
Le Québec classe les constructeurs en trois catégories selon les ventes. Actuellement, les constructeurs vendant plus de 4500 véhicules par années sont assujettis aux règles des VZE. Exemptés pour le moment, ceux qui en produisent moins de 4500 devront cependant se conformer en 2035.
«Nous sommes considérés aux Québec comme un grand constructeur, mais en réalité, nous sommes une petite compagnie. Nous n’avons pas la capacité d’investir dans l’électrification aussi rapidement que des grosses compagnies», insiste Sandra Lemaitre, de Mazda Canada.
Si Mazda est une marque populaire au Québec, où elle réalise 31% de ses ventes canadiennes, elle représente en réalité un petit constructeur avec moins de 1,3 million de ventes au niveau mondial en 2024. En d’autres mots, Mazda occupe 1,4% du marché mondial, mais 4,8% du marché québécois.
Tirer dans son but
«Nous ne savons pas encore si le Québec va diminuer ses exigences, mais à court terme, nous devrons acheter davantage de crédits», concède Mme Lemaitre.
«Le gouvernement parle de parité des prix entre les véhicules électriques et ceux à essence, mais il ne réalise pas qu’il rend les choses plus difficiles pour y arriver et que ça prendre plus de temps. Nous ne combattons pas les règles et nous sommes aussi dédiés à la décarbonation, mais nous avons besoin d’un plus de flexibilité pour atteindre les cibles», plaide Mme Lemaitre.
Elle précise également que plusieurs manufacturiers actuellement accumulent leurs crédits pour répondre aux normes de plus en plus sévères et refusent de les vendre. Cela expliquerait pourquoi Tesla est maintenant le seul vendeur sur le marché.
Mélanie Jalbert, du cabinet du ministre de l’Environnement Benoit Charette a précisé que dans une annonce faite le 16 décembre dernier, le gouvernement a prévu «des études sur l’évolution du marché sont prévues pour 2026 et 2030.»
Elle ajoute que «si les constructeurs décident d’acheter les crédits offerts par le gouvernement, cet argent est reversé à l’électrification des transports, notamment pour le réseau de bornes de recharge.»