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Hockey Québec devrait tendre l'oreille et agir

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-11-20T23:15:00Z

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L’illustre Pierre Lavoie n’a plus besoin de présentation. Ce fier Saguenéen a construit un héritage colossal pour la santé des Québécoises et des Québécois, de nos jeunes, de nos enfants, de vos enfants. 

Sa notoriété est formidable, c’est un libre penseur qui n’hésite jamais à utiliser ses tribunes pour dénoncer ou simplement servir ses observations. Mon point, c’est que si Pierre Lavoie décide de parler de la situation du hockey mineur québécois, tout le monde concerné a le devoir d’écouter.

Lavoie a déclaré que le hockey mineur était devenu un sport élitiste réservé aux mieux nantis. Il a dit tout haut ce que plusieurs jeunes familles d’ici pensent et affirment sans avoir le pouvoir de Lavoie dans l’espace public.

Son observation crève les yeux et semble criante de vérité. Pourtant, qu’a fait Hockey Québec ? Sans attendre, elle a publié un communiqué afin de décrier le propos, allant même jusqu’à condamner Lavoie et ajouter en somme qu’il tenait un discours stigmatisant ; il faut le faire. À ce que je sache, personne chez Hockey Québec ne tiendrait la route dans un débat avec Pierre Lavoie plus de cinq minutes.

Et plutôt que de tendre l’oreille, de contacter Lavoie et tenter d’établir avec lui un dialogue, Hockey Québec condamne d’emblée et ajoute que de nombreuses initiatives sont mises en place afin de rendre le hockey accessible à tous. Vraiment ? Quelles sont ces initiatives ? On ajoute des «nananes» aux joueurs ou on réduit la facture d’inscription ?

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Le hockey scolaire fournit-il l’ensemble des équipements aux joueurs comme le football scolaire le fait ? Non. Les équipementiers ne doivent pas porter la responsabilité de réduction de la facture des parents.

Qui doit agir ?

L’État doit le faire, or ça pose un problème dans le cas qui nous occupe. Hockey Québec se trouve sous la jupe du gouvernement provincial et de la ministre Isabelle Charest.

Mais Hockey Québec est aussi sous la jupe de Hockey Canada qui, elle, est sous juridiction fédérale... alors ? Qui a le pouvoir de dire à Hockey Canada et Hockey Québec que les fameuses cotisations qu’elles demandent pour toutes les inscriptions au hockey mineur sont affreusement élevées ?

Qui a le pouvoir de mettre à mal ces organismes élitistes qui logent dans de luxueux bureaux avec de superbes permanences, se farcissent colloques et autres stages de formation, et jamais dans des salles de réception paroissiales ?

Ça fait des décennies que les fédérations de sport amateur du Québec sont rouges de colère et vertes de jalousie en regardant Hockey Québec régner en roi et maître sans reddition de compte. Ces organismes essentiellement pauvres se disent que c’est deux poids deux mesures au Québec lorsqu’il est question de Hockey Québec.

Et qui agit ? À date personne. À part Hockey Québec qui aurait le pouvoir de s’auto-subroger, ce qui vous vous en doutez n’arrivera jamais.

Donc, l’enflure se poursuit. Une simple inscription dans du simple lettre civil au Québec coute en moyenne autour de 350 $ ; c’est avant l’achat des équipements et l’invasion des vendeurs du temple qui débarquent avec leur jacket officiel et autres trucs visant à saigner bien comme il le faut les parents du jeune joueur.

Plusieurs problèmes gangrènent notre sport national. L’un des plus criants demeure les structures de coûts qui n’ont aucun sens.

Si Maurice Richard naît demain, on ne le saura jamais, car issu d’une famille pauvre, il va au mieux patiner sur le lac aux Castors avec deux patins gauchers dans les pieds, un hockey du mauvais bord et une moitié de balle de tennis gelée.

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