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Hockey masculin: la dégelée où tout le monde a gagné

Les joueurs français étaient fascinants à écouter après leur défaite cinglante

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-02-15T20:30:00Z
2026-02-16T02:06:14Z

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MILAN | C’était une dégelée programmée entre le Canada et la France. Mais il y avait plein de beauté dans cette dégelée.

La beauté de voir le Canada offrir encore du hockey comme on en a rarement vu.

Mais la beauté, également, de voir un pays comme la France qui capote de pouvoir jouer un match aussi énorme devant toute la planète.

La Suisse ou la Tchéquie ne pouvaient pas se réjouir de se faire démolir par le Canada. La France, elle, s’en fichait pas mal.

Non, rien de rien. Non ils ne regrettent rien, ces Français, qui sont venus pour apprendre à Milan, pour reprendre Édith Piaf et une célèbre réplique dans Les Boys.

Ça faisait 24 ans que la France ne s’était pas qualifiée pour participer aux Olympiques en hockey masculin. C’était déjà un méchant de tour de force d’être à Milan. Ça s’est décidé dans le cadre du long processus de qualification, où par exemple les Pays-Bas ont battu la Thaïlande 23 à 1. À la toute fin, la France a été meilleure que la Norvège et l’Autriche, notamment. Et l’absence de la Russie leur a donné la dernière place.

Petit Poucet

Dans les médias français, on parlait de la France comme le Petit Poucet, soit l’équipe inférieure, ou Cendrillon, qui a réussi à faire sa place parmi les grands.

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AFP
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Évidemment, il n’y avait aucun joueur du dimanche dans ce club. La plupart ont joué dans de grosses ligues professionnelles partout dans le monde. Mais plusieurs n’ont jamais joué ailleurs qu’en France. Les Spartiates de Marseille, c’est sûrement une meilleure équipe que celle dans ma ligue de garage. Mais ce n’est pas l’Avalanche, mettons.

La masse salariale du Canada, c’est environ 190 M$. Du côté de la France, certains joueurs peuvent gagner un peu plus que le salaire minimum.

Et malgré tout ça, à la mi-match, c’était seulement 3-1 pour le Canada. Et la chaîne a débarqué. Résultat final: 10 à 2. Le Canada a fait 46 tirs. La France: 14.

Au lieu de courir après les joueurs canadiens après le match, j’ai décidé d’aller dans le coin des journalistes et des joueurs français pour écouter leurs impressions. C’était cool. Ils avaient de la jasette.

Des crampes

En entrevue après le match, le gardien français, Julien Junca, a avoué avoir eu des crampes dans les bras tellement qu’il était occupé.

Il était encore impressionné par ce qu’il venait de voir comme adversaire. «C’est tellement facile pour eux de se trouver sur la glace, et chaque passe est directement sur la palette. Ils n’en ratent pas de passe», m’a-t-il lancé.

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Sacha Treille a été un des deux marqueurs de la France. Il est le frère de l’entraîneur et le fils d’un héros du hockey français.

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Pensait-il un jour marquer un but contre le Canada aux Olympiques?

Il éclate de rire. «Non, je ne pensais pas. Ça n’a jamais été simple de se qualifier pour venir aux Jeux», lance-t-il, racontant l’impact, au-delà du résultat, de ce match pour le hockey français.

Énorme pour la France

«C’est énorme pour nous. C’était un moment exceptionnel de pouvoir se comparer à ce qui se fait de mieux dans le monde du hockey, et on retient que... c’est pas simple, poursuit-il en riant. Malgré la grosse défaite, c’était quand même plaisant pour nous».

La plupart des Français tenaient le même discours. «On s’est fait un peu exploser, mais ça reste une leçon de jouer contre les meilleurs du monde», disait l’attaquant Justin Addamo.

Plus loin, Dylan Fabre avait un sourire après la défaite. «C’était vraiment une belle expérience. C’était fantastique de voir tout ça. Et je vous le dis. Ce n’est pas la même chose à la télé que sur la glace. C’est encore plus impressionnant sur la glace».

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