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«Si tu enlèves le hockey féminin des Jeux, quelle vitrine lui reste-t-il?» - Caroline Ouellette

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Philippe Asselin

2022-02-07T01:01:04Z

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Caroline Ouellette s’est insurgée dimanche, alors que la présence du hockey féminin aux Jeux olympiques a été remise en question.

Sur son compte Twitter, l’ancienne joueuse - qui est aujourd’hui entraîneuse - a décrié la publication d’une chronique de Rosie DiManno dans le quotidien «Toronto Star». 

Dans son papier, la chroniqueuse affirme que le tournoi féminin de hockey n’a pas sa place aux Olympiques. Elle justifie son opinion en expliquant que seulement deux formations, soit le Canada et les États-Unis, peuvent aspirer à la médaille d’or et que cela nuit à la discipline.

Rosie DiManno s’appuie notamment sur les deux premières victoires du Canada au tournoi, soit des gains de 12 à 1 contre la Suisse et de 11 à 1 contre la Finlande.

«Ce qui me fâche le plus, c’est que si tu enlèves le hockey féminin des Jeux, quelle vitrine lui reste-t-il?», exprime Ouellette au bout du fil.

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«Si tu connais bien le sport, ce qui n’est visiblement pas son cas, tu sais que le hockey féminin a progressé dans les quatre dernières années et que le jeu est de plus en plus beau à regarder. Ce n’est pas seulement le Canada et les États-Unis, mais tous les pays.»

«Ce sont des devoirs qu’elle n’a pas faits, poursuit la quadruple médaillée d’or olympique. Elle a fait un article sur des résultats de matchs uniquement. Ce qu’on aurait besoin de comprendre, c’est pourquoi les résultats sont ainsi. C’est en raison de l’inégalité et le manque d’opportunité pour les filles et les femmes au hockey.»

Pas les mêmes conditions 

Très impliquée au sein de Hockey Canada, Ouellette affirme qu’il faut regarder plus loin et comprendre les facteurs qui expliquent la flagrante domination du Canada et des États-Unis depuis le début des Jeux de Pékin. La première chose, c’est que les deux nations sont les seules à avoir pris les moyens financiers pour centraliser leurs activités pendant plusieurs mois en vue du prestigieux tournoi.

«Si on regarde les Championnats du monde, la préparation est sensiblement la même pour tous les pays et les résultats des matchs sont généralement plus serrés», donne-t-elle en exemple.

«Un autre élément, c’est que la pandémie a fait en sorte que les athlètes sont dans les meilleures conditions physiques qu’elles n’ont jamais été. Cela s’explique par le fait qu’elles ont passé plus de temps en centre d’entraînement et à travailler les habilités individuelles.»

La native de Montréal termine son plaidoyer en expliquant que les deux équipes de pointe sont composées de joueuses qui sont présentement à maturité, ce qui n’est pas le cas des Finlandaises ou des Russes, par exemple.

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L’importance d’une ligue professionnelle 

En se basant sur l’histoire, Ouellette est persuadée que la solution pour mettre fin à la disparité dans le hockey féminin est de mettre sur pied une ligue professionnelle où toutes les meilleures joueuses de la planète s’affrontent sur une base régulière.

«Regardons du côté masculin. Pendant de nombreuses années, le Canada et l’Union soviétique se sont retrouvés en grande finale d’événements internationaux. Cela a pris des années, voir des décennies avant que ça change. Ce qui a aidé, c’est la Ligue nationale de hockey (LNH), où les meilleurs de chaque pays sont rassemblés.»

«Chez les femmes, nous n’avons toujours pas une ligue qui permettrait aux meilleures joueuses du Canada, des États-Unis, de l’Europe ou du reste de la planète d’évoluer ensemble. Tant que cela n’existera pas, il sera très difficile de réduire l’écart entre les nations», soulève la femme de 42 ans.

Les revendications concernant l’établissement d’un équivalent féminin de la LNH ne datent pas d’hier et Ouellette est bien consciente que c’est un combat qui devra continuer d’être mené. La légende du hockey féminin canadien s’étonne toutefois d’un certain retour en arrière, caractérisé dans ce cas-ci par la chroniqueuse torontoise.

«Je pensais que l’époque où nous devions nous soucier des personnes qui remettaient en question la validité du hockey féminin était révolue», exprime celle qui n’a aucunement l’intention de rendre les armes.

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