Histoire d’un amour déplacé


Marie-France Bornais
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L’écrivaine française Christine Orban se penche sur une histoire d’amour tordue qui transgresse les interdits dans son nouveau roman, Est-ce que tu danses la nuit...
Cette histoire d’amour tourmentée débute alors qu’une femme, Tina, est assise dans une voiture aux côtés de son mari, qui l’emmène fêter leurs 20 ans de mariage en Grèce.
Entre eux, il y a un sac rempli de lettres que Tina vient de récupérer. Des lettres qui lui rappellent qu’à 18 ans, elle a été amoureuse d’un garçon de son âge, Marco. L’affaire s’est compliquée lorsqu’une liaison passionnée s’est entamée avec Simon, le père de Marco. Tina, déchirée entre deux hommes, a vécu une vraie tragédie, tout comme eux.
Christine Orban a choisi d’écrire cette histoire après une soirée chez des amis, où les invités devaient jouer à un jeu qui consiste à répondre à la question « Avez-vous un secret ? » Une jeune femme a blêmi et répondu qu’elle avait aimé le père de son petit ami. Cette révélation a tellement étonné l’écrivaine qu’elle a décidé d’imaginer cette histoire de passion et de transgressions.
Jointe à Paris, Christine Orban commente ce nouveau projet. « En ce moment, on parle plutôt de pédophilie, d’abus. Là, c’est une histoire d’amour déplacé, pas interdite. [...] J’ai l’impression que ce roman tombe au moment où il faut mettre un petit peu de subtilité dans les rapports hommes femmes. Défendre l’amour, malgré les complexités de la vie et de certaines situations. »
Christine Orban a souvent observé que les jeunes femmes, qui sont plus matures que les garçons de leur âge, sont parfois attirées par un homme un peu plus âgé. Dans ce roman, l’écart d’âge est très grand. Tina est séduite par un homme charmant qui sait l’écouter et faire preuve de galanterie, tandis que le petit ami de son âge agit plutôt comme un ado, s’occupe plus de motos que d’elle. « Il est violent », ajoute-t-elle.
Attirance irrésistible
Se plonger dans le cœur de chacun des personnages l’a passionnée. « Je voulais me mettre à leur place. C’était pour moi une façon d’expliquer comment on peut [...] faire quelque chose que, normalement, on ne ferait pas. J’avais envie de raconter une histoire d’attirance irrésistible : le moment où la morale va flancher, va être moins forte que le désir. »
Elle rappelle que Simon, dans le roman, « n’est pas un prédateur, c’est un type bien. Tina va lui redonner vie. Est-ce qu’on peut renoncer à ça ? »
- Christine Orban a écrit une vingtaine de romans, récits et recueils qui ont connu un vif succès.
- On lui doit, entre autres, Deux fois par semaine et Avec le corps qu’elle a.
