Tous les résultats
Publicité

Hey, les coachs pee-wee, arrêtez de crier et faites comme elle !

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-02-20T20:44:14Z

Partager

C’est un gênant spectacle qu’on voit dans tous les arénas en Amérique du Nord. On le voit même au Tournoi pee-wee. Des coachs crient comme des fous durant tout le match comme s’ils essayaient de contrôler leurs joueurs avec une manette de jeux vidéo ou comme s’il s’agissait de drones sur patin.

«Patine», «Back», «à droite», «à gauche», «over», «dans le fond», «shot»... ce sont quelques exemples de contrôle à distance criés par tant de coachs pee-wee.

Il faudrait que ces coachs se voient à la caméra pour réaliser à quel point ils ont l’air imbéciles.

Certains sortent d’un match au Tournoi pee-wee en racontant à tout le monde que c’était une expérience enrichissante pour les jeunes et pour eux. Pourtant, après chaque rencontre, ils ont la face rouge, deux ou trois veines sur le point d’éclater dans le front, plus aucune voix et un rythme cardiaque bien plus élevé que celui de tous les joueurs.

J’ai même vu un coach rincer individuellement un joueur qui était encore sur la glace jeudi matin dans un Centre Vidéotron vide. Tout le monde a entendu. C’est un souvenir mémorablement horrible pour cet enfant.

Des coachs évaluent très mal le véritable impact qu’ils peuvent avoir sur un match. Ils veulent contrôler, pas coacher.

Publicité

Il y en a encore beaucoup trop, des entraîneurs comme ça, mais heureusement, ils deviennent de plus en plus minoritaires.

Mais j’ai aussi assisté à un parfait contre-exemple à tout ça jeudi au Tournoi pee-wee.

Je voulais aller voir jouer ce qui est devenu un des plus gros programmes de hockey mineur aux États-Unis, soit les Rangers de Mid Fairfield (Connecticut).

Aucune défaite en 64 matchs

C’est possiblement la meilleure équipe pee-wee qui soit jamais passée au tournoi pee-wee.

Le club n’a pas perdu un seul match cette année en 64 rencontres.

C’est avec ce programme que Martin St-Louis dirigeait son fils Ryan en 2016 au tournoi pee-wee.

PHOTO D'ARCHIVES
PHOTO D'ARCHIVES

C’est ahurissant que des enfants de 12 ans puissent jouer un tel niveau de hockey.

Et leur fiche immaculée ne s’explique pas parce qu’ils jouent dans une ligue faible. Durant l’année, ils ont affronté tous les autres meilleurs clubs au monde: des machines de l’Ontario, les Tchèques et d’autres puissants programmes de hockey du nord des États-Unis.

L’an dernier, c’était la meilleure équipe des États-Unis. Ils ont remporté le Tournoi pee-wee dans la meilleure catégorie. Ils sont encore évidemment au sommet de leur pays cette année et se dirigent dangereusement vers le même dénouement. Ils joueront en huitième de finale vendredi à 15h30 après avoir battu un autre gros club, les petits Penguins de Pittsburgh par la marque de 3-0 jeudi matin.

Publicité

C’est tellement beau à voir comme hockey. Vous pouvez le voir dans la vidéo plus haut. Les enfants sont brillants avec et sans la rondelle, tout en étant individuellement tellement talentueux. Ça va très vite.

Ils installent la formation en parapluie sur le jeu de puissance en quelques secondes avec une ou deux savantes passes.

Leur échec avant est infernal.

Ils ont des sorties de zones planifiées avec un attaquant qui s’en va se poster derrière les défenseurs adverses et qui fait dévier la rondelle vers ses coéquipiers qui arrivent à fond de train. Comme quand on regarde du hockey à la télé.

La gestion du risque et du cadran est incroyable.

On dirait que deux Paul Byron jouent sur leur désavantage numérique.

Ils étourdissent la défensive avec des jeux tourniquet.

Certains ont des lancers sur réception que peu de joueurs de ligue de garage pourraient espérer avoir.

Ça ne se débarrasse jamais de la rondelle. Les joueurs ont toujours la tête en l’air pour trouver la meilleure option de jeu. C’est du jeu collectif fabuleux.

Et ça travaille fort. C’est à fond la caisse du début à la fin.

Bon, je suis presque poétique pour parler de leur jeu. Mais je vous le jure, c’est fascinant

Seule et sans crier

Et comment ça se passe sur le banc ? Est-ce qu’il y a 4 coachs qui crient comme des fous ?

Pas du tout, il y a seulement une personne qui se place au milieu et qui ne dit pas grand-chose. C’est Danielle Ward, une ancienne gloire de l’Université du Maine. Elle a aussi évolué au niveau professionnel.

Publicité

Elle dirige la meilleure équipe pee-wee en Amérique-du-Nord. C’est l’exemple à suivre. Et elle est plutôt tranquille derrière le banc. Elle attend le retour de ses joueurs pour faire des interventions individuelles. Elle lève un peu le ton pour parler au groupe quand elle veut que ça travaille plus fort, mais ça reste généralement positif. Elle encourage au lieu d’essayer de commander. Et je le rappelle, elle fait tout ça seule.

Photo JESSICA LAPINSKI
Photo JESSICA LAPINSKI

«J’aime ça être seule. Ça amène beaucoup plus de calme sur le banc», m’a expliqué Danielle Ward lorsque rencontrée après la victoire de son équipe.

«Honnêtement, ils peuvent se coacher eux-mêmes. Oui, ils n’ont que 12 ans et ont besoin de quelques rappels parfois. Mais ils savent ce qu’ils ont à faire et ils veulent tellement gagner», poursuit l’entraîneuse qui dit détester le «criage» sur le banc.

«Je ne vais jamais crier quoi faire aux joueurs parce qu’ils ne voient peut-être pas la même chose que moi. Si je crie, ça va les mêler. Je demande la même chose aux joueurs sur le banc, de ne jamais crier aux joueurs quoi faire. Je veux que les joueurs prennent leur propre décision sur la glace et aussi leurs propres erreurs», poursuit-elle.

J’ai le goût de répondre amen. C’est coacher pour développer.

Publicité
Publicité