Nelson Ossé, Wladimir Afriani et Alder Pierre: héros dans l’ombre d’un champion de la NBA


Benoît Rioux
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Les projecteurs étaient naturellement tournés vers Luguentz Dort, champion dans la NBA, lors des festivités avec le trophée Larry O’Brien au cours des derniers jours, à Montréal. Que ce soit à l’hôtel de ville, au défilé dans les rues de Montréal-Nord ou encore au rassemblement au parc Pilon, des témoins actifs de son développement se faisaient un devoir d’être sur place.
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«Il y a une expression qui dit que ça prend tout un village pour faire grandir un enfant et dans le cas de “Lu”, ça ne pourrait être plus vrai», a illustré Nelson Ossé, véritable mentor pour Dort.

À n’en point douter, les gens qui ont eu un impact dans la carrière du joueur du Thunder d’Oklahoma City sont nombreux. Au fil des années, Dort est notamment resté fidèle à Wladimir Afriani, préparateur physique et thérapeute du sport.
«C’est une aventure qui a commencé alors que “Lu” n’avait que 13 ans, a précisé Afriani, qui préfère justement agir dans l’ombre. Je le remercie d’avoir cru en moi. Évidemment, aujourd’hui, c’est plus structuré. Il y a encore l’entraînement durant l’été, mais je m’occupe aussi de ses traitements.»

Si Dort s’entraîne pendant plusieurs semaines avec Afriani pendant la période estivale, le thérapeute originaire d’Anjou le suit jusqu’à Oklahoma City durant le camp d’entraînement, mais aussi lors de différents séjours pendant la saison et les éliminatoires de la NBA.
«À partir du mois d’octobre, dès la première journée du camp, je voyage avec lui et je m’assure que tout est correct et qu’il n’y a pas de blessures», indique-t-il.
Ensemble pour aider
Si l’apport d’Afriani est indéniable, on a par ailleurs eu vent d’une histoire mettant en vedette Ossé, qui a été son entraîneur chez les Knights de Parc-Extension, et Alder Pierre, enseignant en éducation physique et directeur du programme de basketball à l’école secondaire Lucien-Pagé. Il fut une époque où Dort, aux prises avec des difficultés sur le plan scolaire, a dû quitter l’équipe civile de Parc-Ex pour se joindre à la formation de Lucien-Pagé.

«Deux organisations en compétition l’une contre l’autre se sont mises ensemble pour l’aider, a résumé Ossé avec fierté. Alder m’a ouvert la porte pour que Luguentz puisse s’inscrire dans son programme scolaire. Ce fut important pour son encadrement.»
«Souvent, ces jeunes-là, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas étudier, mais ça prend parfois des petits rappels, d’ajouter celui qui est codirecteur du programme Brookwood Elite et directeur à Parc-Ex. Alder m’a vraiment donné un coup de main et chapeau à lui!»
«Un travaillant»
Rencontré à son tour à l’hôtel de ville, où il a assisté à la signature du livre d’or avec une vingtaine d’étudiants mercredi, Pierre a parlé avec beaucoup d’humilité du rôle qu’il a joué dans le développement du champion.
«Je devenais un peu les yeux de Nelson, a-t-il décrit. S’il y a une chose que je me rappelle de Luguentz, c’est qu’il a toujours été un travaillant. Il était constamment dans le gymnase. Et de voir ce qu’il a maintenant accompli, pour moi, c’est très fort et c’est très grand. Le fait d’être dédié pour un sport, ça peut permettre des choses qui, lorsque tu as 14, 15 ou 16 ans, paraissent impossibles.»
«C’est un message d’espoir pour tous les jeunes, a insisté Pierre. Au niveau du basketball, on n’a pas eu la chance d’avoir énormément d’athlètes ayant percé dans le passé, même s’il y a en a de plus en plus. Luguentz est un exemple concret.»
Exemple de persévérance
Le mot de la fin devait revenir à Ossé.
«Luguentz est une fierté pour la ville de Montréal et pour la province de Québec au complet, de qualifier Ossé. Depuis qu’il est jeune, il a toujours été humble tout en voulant prouver qu’il pouvait être parmi les meilleurs. Il a cru en son talent.»
«Ç’a pas toujours été facile pour “Lu” et c’est la beauté de son histoire, a-t-il conclu. Il a persévéré et c’est un exemple à suivre pour notre jeunesse.»
Évidemment, ça prenait aussi «un village»... dont plusieurs héros dans l’ombre.