Herdman fébrile malgré toute son expérience
Le sélectionneur du Canada met la touche finale à son équipe en vue du Mondial


Dave Lévesque
Partager
Le sélectionneur de l’équipe nationale du Canada, John Herdman, a peut-être une tonne d’expérience internationale ; ça ne l’empêche pas de vibrer à moins de trois semaines du début de la Coupe du monde.
• À lire aussi: Johnston est un bon ambassadeur
« À l’intérieur, je suis comme un petit enfant, je dois me pincer pour réaliser que je vais aller à la Coupe du monde », raconte-t-il dans un entretien téléphonique avec Le Journal, quelques jours avant son départ pour le précamp de l’équipe, à Bahreïn.
On l’a mentionné, il a beaucoup d’expérience parce qu’il a vécu de nombreux tournois internationaux à plusieurs niveaux.
« J’en serai à ma sixième Coupe du monde et j’ai vécu trois Jeux olympiques. Plusieurs des membres de mon équipe ont aussi vécu ces événements. Il y a une impression que l’on sait à quoi s’attendre. On sait que c’est un événement excitant, nous avons appris de certaines erreurs commises dans le passé. »
S’inspirer du passé
Herdman a vécu deux Coupes du monde à la barre de l’équipe des moins de 20 ans de la Nouvelle-Zélande et deux autres avec l’équipe senior des Kiwis. Il a dirigé aussi les Canadiennes lors du Mondial de 2015 qui était justement présenté au Canada. Il peut donc s’inspirer de son passé.
« Comme j’ai vécu cette expérience plusieurs fois, j’ai pu apprendre de chaque post-mortem, admet-il. On se dit que si on avait fait les choses de cette façon, on aurait pu avoir un meilleur résultat. »
« Ça nous permet d’établir une stratégie claire et de contrôler tout ce qu’on peut contrôler, poursuit-il. Ça nous permet d’avoir la capacité de gérer l’improbable. »
Car, voyez-vous, Herdman est un champion de la gestion jusque dans les moindres détails. Un exemple ? Chaque joueur a une place assignée lors des réunions d’équipe.
Lors de sa seule présence à la Coupe du monde, en 1986, le Canada avait été blanchi à chacun de ses trois matchs de groupe. La barre n’est donc pas haute. Mais Herdman voit plus loin. C’est pourquoi il a un plan en tête. Qui s’en étonne, puisqu’on n’arrête pas de vous dire qu’il est organisé ?
Apprendre et surprendre
« Quand j’ai accepté le poste en 2018, j’ai eu une conversation avec le vice-président de Canada Soccer à l’époque, Nick Bontis [aujourd’hui président]. Je voulais bâtir un programme sur six ans pour s’assurer que l’équipe soit en mesure de compétitionner. L’objectif était de se qualifier pour 2022 et c’était impératif. On avait une jeune génération de joueurs qui devait vivre une première Coupe du monde et toute l’organisation devait aussi vivre cette expérience. »
« Nous allons apprendre, tout donner et jouer sans peur, mais nous savons aussi que nous serons beaucoup plus matures à la maison en 2026 », conclut-il.