Hélicos, forteresse et animaux de compagnie: le récit du raid américain contre Maduro
AFP
Partager
Donald Trump a raconté samedi s’être senti comme devant son poste de télévision en regardant en direct les forces américaines capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro, l’apogée d’une opération méticuleusement préparée depuis des mois.
• À lire aussi: Attaque américaine contre le Venezuela: un pari très risqué pour Trump
• À lire aussi: Voici les principales déclarations de Trump sur l’opération américaine au Venezuela
Des espions américains à Caracas à la photo du président vénézuélien menotté, voici le récit du déroulement de l’opération «Absolute Resolve» (Détermination absolue).
«Ce qu’il mange»
Des agents du renseignement américain surveillaient depuis août le moindre geste de l’héritier de Hugo Chavez qui, selon la presse, changeait régulièrement de domicile sur fond de tensions croissantes avec Washington.
Les services secrets voulaient «comprendre comment il se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu’il mangeait, ce qu’il portait, quels étaient ses animaux de compagnie», a détaillé le général Dan Caine, le chef d’état-major américain.
La mission a nécessité des mois de planification et de répétitions «minutieuses». Les forces américaines ont même construit une réplique de la maison où séjournait Nicolas Maduro.

L’armée américaine était prête début décembre, mais a attendu que les événements «s’enlignent», en particulier la météo.
Le milliardaire républicain a dit avoir initialement ordonné la mission il y a quatre jours, mais attendu de bonnes conditions.
Vendredi à 22 h 46, à Washington, Donald Trump a donné son feu vert.
«Il nous a dit – et nous lui en sommes reconnaissants [...] – “Bonne chance et bon vent”», a raconté le général Caine.
Plus de 150 appareils américains décollèrent alors de bases terrestres et maritimes, avions de chasse, avions de reconnaissance, drones et hélicoptères.
Les hélicoptères transportant la «force d’extraction» spéciale pour le président vénézuélien sont partis dans l’obscurité, volant à quelques dizaines de mètres au-dessus de la surface de l’océan, a ajouté le chef d’état-major.

Les avions de chasse assuraient la couverture aérienne tandis que les capacités satellitaires et cybernétiques américaines bloquaient les radars vénézuéliens.
Explosions
Les premières explosions ont commencé à secouer Caracas peu avant 2 h (6 h GMT), selon les correspondants de l’AFP.
Alors que le monde se demandait s’il s’agissait du début d’une campagne de bombardements à grande échelle, les avions américains ont frappé les défenses aériennes vénézuéliennes afin de permettre aux hélicoptères d’atteindre leur cible.
«Ils savaient qu’on arrivait», a assuré Donald Trump, faisant référence à la montée des tensions ces derniers mois. «Mais ils ont été complètement dépassés et très rapidement neutralisés», a-t-il poursuivi.
Un hélicoptère américain a été touché, mais a pu rentrer à sa base.
À 2 h 1 locales (6 h 1 GMT), les hélicoptères se posaient dans l’enceinte où se trouvait Nicolas Maduro.
«Forteresse»
Le locataire de la Maison-Blanche a raconté avoir suivi les événements en direct.
Les photos publiées par la Maison-Blanche le montrent assis dans une salle de crise improvisée dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, en compagnie du chef du Pentagone Pete Hegseth, du secrétaire d’État Marco Rubio, du directeur de la CIA John Ratcliffe et du général Caine.
«Je l’ai regardée [l’opération], littéralement comme si je regardais une émission de télévision», a dit le président américain à Fox & Friends, décrivant la résidence de son homologue vénézuélien comme «une forteresse».
«Il y avait des portes en acier, il y avait ce qu’on appelle une pièce sécurisée avec de l’acier massif. Il n’a pas réussi à fermer cet endroit, il essayait d’y entrer, mais il a été pris si rapidement qu’il n’y est pas parvenu», a-t-il encore dit. «On était équipés de chalumeaux puissants pour percer l’acier, mais on n’en a pas eu besoin.»
Donald Trump a ajouté qu’aucun Américain n’avait été tué, affirmant que le dirigeant chaviste «aurait pu l’être» s’il avait tenté de résister.
Reddition
«Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice», a ajouté le général Caine.
Ils sont poursuivis aux États-Unis pour «narcoterrorisme et importation de cocaïne».
Les hélicoptères américains ont survolé le littoral vénézuélien à 3 h 29 et le couple a été embarqué à bord du navire de guerre USS Iwo Jima.
Puis, Trump, dans Truth social, a annoncé l’opération à 4 h 21 heure de Washington.
Un responsable de la Maison-Blanche envoyait peu après à un journaliste de l’AFP un message composé d’émojis: biceps gonflé, poing et flamme.
Puis, Donald Trump publiait la première photo d’un Nicolas Maduro menotté, les yeux bandés et portant un casque antibruit sur les oreilles.