Hausse des tarifs douaniers: des bâtons de baseball expédiés plus rapidement aux États-Unis


Benoît Rioux
Partager
Des entreprises québécoises dans le milieu du sport ont déjà ajusté le tir afin de réduire d’éventuels coûts supplémentaires reliés à la hausse des tarifs douaniers.
Le baseball, reconnu comme le passe-temps national des Américains, compte notamment son lot de produits provenant du Canada, dont les bâtons de la compagnie B45 Baseball, principalement faits de bouleau jaune, et ceux de MÄRK LUMBER, qui sont en érable.
«C’est inquiétant, a convenu Olivier Lépine, directeur de la production et cofondateur de B45 Baseball, à propos des menaces du président américain Donald Trump. Dans les dernières semaines, on a déjà expédié plusieurs bâtons en direction des États-Unis pour sauver une partie des tarifs douaniers, s’il devait effectivement y avoir une hausse.»
L’entreprise de Québec préférait avoir un coup d’avance, même si la faiblesse du dollar canadien, descendu sous la barre des 70 sous américains, laisse une marge de manœuvre.
«En raison de la faiblesse du dollar canadien, on a quand même un jeu, précise ainsi Lépine. Advenant une hausse des tarifs douaniers, nous ne serons pas non plus dans l’obligation de grimper nos prix de 25% pour nos clients américains.»
Des menaces à exécution
Fondateur de l’entreprise de bâtons MÄRK LUMBER, située en Estrie, Marc Bourgeois refuse pour sa part de s’inquiéter outre mesure. Il croit que sa compagnie pourra s’ajuster, une grande partie de ses ventes étant effectuées en sol canadien.
«Il y a de l’incertitude, c’est certain, mais ce n’est pas trop inquiétant non plus, a-t-il formulé. De notre côté, on vend beaucoup de nos bâtons au Canada. En ce qui concerne les États-Unis, notre marché vise surtout le baseball professionnel et, heureusement, les équipes ont un bon pouvoir d’achat.»
«Je pense qu’il faut attendre encore un peu avant de voir les conséquences réelles, a ajouté M. Bourgeois. Si cette hausse des tarifs douaniers est en place, on devra trouver une manière de s’adapter.»