«Jusqu’à quand cette secte va me pourrir la vie?»: harcelée par ses fidèles, une victime de Paul Mukendi livre un témoignage fort


Pierre-Paul Biron
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Agressée sexuellement par Paul Mukendi, une ancienne fidèle a raconté jeudi avoir vu son monde s’écrouler de nouveau quand l’un des bras droits du pasteur a brisé l’ordonnance protégeant son identité, lâchant à ses trousses «les membres de la secte Parole de vie».
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La plaignante a livré un fort témoignage des conséquences du crime commis par Cédric Malayi le 22 août 2021.
Malayi, pasteur qui remplaçait à ce moment Paul Mukendi lors de célébrations, avait nommé la femme durant un événement diffusé en direct sur les réseaux sociaux.

Puis, le harcèlement est venu des fidèles de Mukendi, «tel un animal sauvage sur sa proie» a imagé la victime.
«Je n’ai jamais vu des êtres aussi méchants, vils et remplis de tellement de haine de s’en prendre à un seul individu», a-t-elle témoigné jeudi lors des observations sur la peine qui devra être imposée à Cédric Malayi pour avoir brisé l’ordonnance protégeant son identité.
«Réaliser que mes harceleurs continuent mon procès sur la place publique, notamment sur les réseaux sociaux [...] m'a fait vivre beaucoup de colère, sentiment d'injustice, beaucoup d'humiliation et beaucoup d'impuissance face à toute cette situation malsaine.»
Pensées suicidaires
La plaignante avait déjà vécu l’enfer en affrontant celui qu’elle appelle «le gourou en fuite» lors du procès pour agression sexuelle au terme duquel Paul Mukendi avait été condamné à 8 ans de détention. Mineure au début des agressions, la femme a vécu pendant plusieurs années les agissements du pasteur.

Le dévoilement au grand jour de son identité l’a ramenée à ce passé trouble. Crises de panique, troubles du sommeil, hypervigilance constante, méfiance, troubles alimentaires, la liste des conséquences relatées par la femme est longue.
«Je me suis replongée dans mon stress post-traumatique et malgré mes nombreuses années de thérapie et les ressources mises en place pour moi, cela n’a pas empêché que je me sente démunie, au bord du gouffre», a raconté la femme, qui affirme avoir songé au suicide pour se sortir des griffes des fidèles en rage.
«Des fois, la pression était si forte que j’ai pensé en finir avec la vie juste pour que toute cette souffrance cesse», a-t-elle insisté, se demandant jusqu’à quand cette «secte» allait lui «pourrir la vie».
Excuses
L’accusé Cédric Malayi a lui aussi lu une lettre à l’intention de la plaignante jeudi. Il a admis que ce discours du 22 août 2021 «n’aurait jamais dû avoir lieu».
«J’espère de tout cœur que mes paroles pourront servir de base pour rallumer ne serait-ce qu’une toute petite étincelle en vous», a-t-il souhaité à la victime, lui demandant pardon pour son geste.
«J’ai brisé la loi et j’en assume toute la responsabilité», a-t-il insisté.
La suite des observations sur la peine à imposer à Malayi se tiendra plus tard à l’automne, l’avocate de la défense ayant demandé un report afin d’avoir en main tous les documents nécessaires à ses plaidoiries. L’accusé doit aussi témoigner à ce moment.
Malayi était accusé dans ce dossier avec la femme du pasteur, Carmen Mukendi, ainsi que deux fidèles de leur église. Accusés de harcèlement envers la plaignante, ils ont vu les charges être abandonnées en échange d’un engagement à garder la paix et à ne pas importuner la femme.

Toujours en fuite
Pendant ce temps, le leader de l’Église Parole de Vie, Paul Mukendi, fuit toujours la justice québécoise. Condamné à une peine de 8 ans et une autre de deux ans pour des crimes sexuels, il se trouve toujours en République démocratique du Congo, où il poursuit ses activités, avec son épouse.

Visiblement pas inquiété en raison de l’absence de traité d’extradition entre le pays africain et le Canada, Mukendi continue ses apparitions sur les réseaux sociaux, sollicitant toujours les dons de fidèles sur son site web.
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