Haine contre les Juifs: ce néonazi de Montréal conteste sa culpabilité
Il en a contre le juge à qui il reproche d’avoir manqué d’impartialité


Michael Nguyen
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Un influent néonazi montréalais coupable d’avoir fomenté la haine sur un site web populaire auprès de l’extrême droite et d’avoir été comparé à Machiavel réclame son acquittement à la Cour d’appel en accusant le juge d’avoir manqué d’impartialité.
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«[Le juge] a sous-entendu que les propos de l’accusé ont rallié les lecteurs au “virus de la haine” sans aucune preuve concrète», peut-on lire dans la requête déposée par Gabriel Sohier-Chaput à la Cour d’appel du Québec.
Le néonazi de 36 ans avait été déclaré coupable le mois passé d’avoir fomenté la haine sur le site Daily Stormer, de 2016 à 2017. Utilisant le pseudonyme «Zeiger», il avait appelé à des «actions» contre la communauté juive.
«On doit s’assurer qu’aucun guerrier de la justice sociale ou Juif ne puisse rester à l’abri d’être choqué. Du nazisme non-stop, partout, jusqu’à ce que toutes les rues soient inondées des larmes de nos ennemis», indiquait la publication.
«Virus de la haine»
Sauf que l’usage d’un pseudonyme n’a pas empêché les autorités de retrouver Sohier-Chaput. Lors de son procès, il avait tenté de plaider la satire, mais le juge Manlio Del Negro n’avait pas retenu sa version.
«Il était conscient que ses écrits seraient répandus dans l'écosystème de l'information [l’internet] et qu’ils auraient la possibilité d’inoculer ses lecteurs avec ce que le tribunal identifie figurativement comme le virus de la haine», avait expliqué le magistrat.
Pour Me Antonio Cabral, qui représente Sohier-Chaput depuis le verdict de culpabilité, cette phrase pourrait avoir teinté le jugement du juge «lors de son analyse de la crédibilité du témoignage [de Sohier-Chaput]».
Holocauste
Dans la demande d’appel, Sohier-Chaput mentionne également des échanges houleux entre le juge et la défense lors du procès, qui selon lui aurait «créé une apparence de partialité».
«Il a soutenu que l’avocate de la défense [en première instance] avait effectué un “dérapage” en émettant une hypothèse sur les faits historiques concernant l’Holocauste, et le fait qu’ils soient ou non de connaissance judiciaire», a-t-on donné comme exemple.
Le juge avait toutefois conclu que «le rôle joué par les nazis lors de la Deuxième Guerre mondiale» était connu de tous, et qu’il était donc inutile de faire entendre un expert sur la question.
«Persister à se heurter contre l’évidence est un exercice futile, voué à l’échec, et un gaspillage de précieuses ressources judiciaires», avait dit le juge, au grand dam de Sohier-Chaput, qui n’a pas apprécié cette remarque.
Le néonazi réclame donc au plus haut tribunal de Québec de l’acquitter, ou au moins de lui accorder un nouveau procès. En attendant, il reviendra en cour dans les prochains mois pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.
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