Hage pense à Demidov

Nicolas Cloutier
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Dans un avenir proche, cette scène va se déployer sous vos yeux : Michael Hage et Ivan Demidov qui s’échangent la rondelle pendant une minute en zone offensive. Ça devrait vous exciter. Ça excite Hage, en tout cas.
Quand il n’est pas plongé dans des discussions avec son cochambreur Will Horcoff, il arrive à Hage de se perdre dans ses pensées dans son dortoir de l’Université du Michigan.
Comme dans une bande-dessinée, Demidov est dans cette bulle au-dessus de sa tête. Hage n’est pas indifférent aux faits saillants du Russe qui circulent sur la toile. Et il s’imagine être là, sur son trio.
Pas tout de suite. Il reste patient. Mais un jour.
«C’est sûr que tu penses à ce genre de trucs, m’a admis Hage au téléphone. Ce serait cool que ça arrive.»
Les deux attaquants seront à jamais liés par le repêchage de 2024. Céline Dion a prononcé le nom de Demidov à Las Vegas et Hage était réclamé 16 rangs plus tard.
«Je prends plaisir à le regarder, a poursuivi Hage au sujet du cinquième choix au total. Il est tellement intelligent et créatif avec la rondelle. Il est spécial. C’est plaisant de jouer avec des gars qui peuvent faire des jeux et, eux aussi, voir la glace.»
Nick Suzuki et Cole Caufield forment un duo inséparable depuis leur arrivée dans la métropole. Il en manque un deuxième pour compléter le puzzle du top 6. Le dernier morceau évolue peut-être au Michigan.
Laval ou Montréal?
Alors c'est pour quand, Demidov et Hage? Réponse simple : dès la fin de saison, c'est possible.
C'est plus compliqué, par contre.
Pour 2025-2026 seulement, c'est Laval ou Montréal pour Hage. Pas une combinaison des deux. Pas de va-et-vient sur la ligne orange. Strictement l'un ou l'autre. Ne tirez pas sur le messager, des gens bien plus brillants que moi ont rédigé la convention collective.
Quand le parcours de Hage sera terminé avec le Michigan, le CH devra trancher entre la Ligue américaine et la LNH pour le reste de la saison.
D'habitude, on déroule le tapis rouge aux meilleurs espoirs universitaires comme Hage et on les envoie directement dans la LNH. On note quand même quelques exceptions.
On peut penser à Dylan Larkin, 15e choix au total en 2014, qui était allé finir la saison à Grand Rapids dans la Ligue américaine au lieu d’aider les Red Wings en séries. Larkin, un joueur de centre de l’Université du Michigan, tiens, tiens...
Ce qui est embêtant pour le CH, c'est que le Michigan pourrait veiller tard. Dans l'état des forces de la NCAA, on parle de la deuxième équipe au pays.
Si le club de Hage se rend en finale du championnat national, sa saison n'est pas finie avant le 11 avril. Ce qui nous amène dans les derniers matchs du calendrier régulier. Le CH pourrait se trouver dans une course folle pour une place en séries.
Ce serait jeter Hage dans la gueule du loup. Et même si tu es déjà qualifié, tu dois avoir l'intention de l'utiliser en séries si tu le balances dans la grande ligue.
C'est un pensez-y bien.
Byron s'implique
Le CH aimerait vraiment que ça fonctionne au centre pour Hage. On a mis Paul Byron sur le dossier.
Il n’est pas rare que Byron envoie à Hage des analyses de ses présences par texto. Byron parle, en narration, par-dessus la vidéo.
«Tu peux tomber dans le piège de juste regarder les jeux offensifs qui sont le fun, a expliqué Hage. C’est bien de profiter des éclairages d’un esprit intelligent comme le sien et qui a joué au plus haut niveau.»
En possession de rondelle, Hage, c'est de l'or en barre. Quand il se met à slalomer entre deux ou trois joueurs, la fluidité vous coupe le souffle. Et la vision est A1. Aucun joueur de la NCAA n'a complété plus de passes dans l'enclave d'après les données de la firme Sportlogiq.
C'est sans la rondelle que le Canadien a demandé à Hage de s'améliorer.
Le métier qui rentre
Là, il y a encore du travail à faire. Bon, il est tellement intelligent qu'il arrive à bloquer beaucoup de passes, et son taux de revirements a vraiment baissé par rapport à l'an dernier. Mais il gagne très peu de bagarres pour la rondelle. À ce chapitre, il est 350e dans la NCAA.
On reprochait aussi à Hage de jouer trop en périphérie et pas assez à l'intérieur des points de mises au jeu. Ici, l'amélioration est incroyable.
Hage décoche presque quatre tirs de l'enclave par match, ce qui est énorme. Il est passé du 132e au cinquième rang de la NCAA.
C'est le travail dans le gym qui rapporte: Hage ne se fait plus tasser aussi facilement dans le trafic. Tout l'été, il était en beau joualvert d'avoir raté le championnat national avec le Michigan. Il a ajouté exactement neuf livres de muscle et retranché de 4% son taux de graisse corporelle.
«Mike a une vitesse de plus cette année, a constaté un de ses entraîneurs au Michigan, Matt Deschamps, durant notre entretien au téléphone. Il a des épaules plus larges, des jambes plus grosses et il a amené ça sur la glace. Quand les gars viennent le plaquer, il les repousse.»
Hage a encore des croûtes à manger aux cercles des mises au jeu. C'est le troisième chantier. Il le sait. Il vous dirait que c'est une de ses priorités avant d'arriver chez les pros.
Présence dans l'enclave, bagarres à un contre un et mises au jeu: si Hage maîtrise ces trois aspects du hockey, il jouera au centre pour le Canadien.
Et pis, dans le pire des cas, Hage jouera à l'aile. Il sera à une passe transversale de Demidov.