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Départ de Caroline Veyre : les «limites financières» d’Yvon Michel soulevées

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo portrait de Marc-Antoine Malo

Marc-Antoine Malo

2024-03-21T15:50:38Z

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Ne se sentant pas assez soutenue par le Groupe Yvon Michel (GYM) pendant la dernière étape de sa carrière de boxeuse, la Québécoise Caroline Veyre ainsi que le promoteur ont coupé les ponts non sans heurts, jeudi. 

Il s’agit d’une décision prise d’un commun accord qui permettra à l’athlète de 35 ans d’atteindre ses objectifs plus rapidement. Elle suit également le divorce annoncé mardi avec ses entraîneurs Danielle Bouchard et Stéphan Larouche qui avait surpris Yvon Michel.

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«Même si on a des ententes contractuelles, jamais on ne travaillera avec quelqu’un qui ne se sent pas confortable chez nous», a indiqué le promoteur en entrevue, disant ne ressentir aucune amertume ou rancœur envers le camp Veyre.

Or, de l’autre côté, on estime que le promoteur n’a pas assez «promu» la boxeuse pendant les 18 mois de l’entente. La participante aux Jeux olympiques de Tokyo a gagné ses sept combats, dont son dernier face à Austina Marisa Belen Rojas, le 14 mars au Cabaret du Casino de Montréal, et devait se battre de nouveau le 16 mai.

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«Je voyais Caroline se battre en championnat du monde en 2025. Le plan, c’était de la faire progresser et de l’amener à une position d’aspirante obligatoire à l’automne», a expliqué Michel.

«Yvon manquait de ressources financières pour amener des boxeuses de plus grande qualité que les boxeuses qu’elle a affrontées dernièrement. Il ne pouvait pas lui offrir d’atteindre un championnat du monde plus rapidement que ça, en fonction de ses limites financières», a rétorqué la gérante de Veyre, Katia Banel.

C’est à Las Vegas, sous la supervision de l’entraîneur Kay Koroma, un homme qui travaille notamment avec Mikaela Mayer, que la native de Paris poursuivra son apprentissage.

Vendeuse ou non?

Au début de l’année, l’idée d’aller chercher une ceinture mineure en mai avait été lancée par le camp de la boxeuse. Cela ne concordait pas avec la vision de Michel, qui n’était pas disposé à ouvrir son portefeuille.

À son avis, Veyre n’était pas encore «assez vendeuse» et «n’avait pas encore une position significative dans l’organigramme». Un gala aurait dû être construit autour d’elle, mais il était encore trop tôt.

«Sa gérante m’avait demandé l’autorisation de trouver un commanditaire qui aurait payé les frais de sa ceinture, a mentionné le promoteur. On était d’accord avec ça, si elle trouvait les fonds nécessaires, parce que Caroline n’était pas encore rendue à un niveau où elle attirait, où elle était populaire au niveau des ventes.»

Banel a souligné l’illogisme de cette décision, arguant que GYM savait à quoi s’en tenir quand il a paraphé une entente avec Veyre il y a un an et demi.

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«Lorsqu’on décide de faire signer une personne, on sait très bien à quoi s’attendre, a-t-elle déclaré. On a analysé cette personne. On a analysé si elle pouvait vendre, quoi faire pour la faire vendre. Il a décidé de signer Caroline. Il savait très bien que Caroline avait une personnalité réservée. Ce qu’il savait aussi, c’est que Caroline était la meilleure de sa division au monde.»

«Caro ne pouvait pas aller chercher un commanditaire pour tout payer, parce que dans ce cas-là, elle n’aurait pas eu besoin de promoteur.»

Crève-cœur

La gérante de Veyre assure qu’il n’y a jamais eu aucune insatisfaction quant au travail des entraîneurs chez GYM. C’est par désir d’aventure et de découverte qu’elle part, et non pour faire un pied de nez au Québec.

Aux États-Unis, où le bassin est beaucoup plus large qu’au Canada, elle travaillera avec de nouvelles partenaires d’entraînement. Elle retrouvera aussi des gens qui ont suivi son parcours amateur avec intérêt, elle qui est aussi connue et appréciée au sud de la frontière.

Selon Banel, elle ne dit pas au retour au Québec pour toujours.

«Ça lui fait beaucoup de peine, a-t-elle assuré. Ce n’est pas quelque chose qu’elle fait avec beaucoup de joie. Pour elle, c’est très difficile de se dire : “Je vais être loin de ma famille, loin de mon monde.” C’était des pour et des contre, mais elle s’est dit : “Je suis en fin de carrière, c’est maintenant que ça se tente.”»

Même s’il n’a pas tenté de la retenir, Michel aurait aimé poursuivre avec Veyre dans des circonstances différentes. Il a su former de grandes aspirantes à travers les années – il n’y a qu’à jeter un coup d'œil vers Kim Clavel, Marie-Ève Dicaire ou encore Marie-Pier Houle – et cette fois, ça n’a pas fonctionné.

«Je vais suivre sa carrière. Je trouve que c’est une fille qui a du talent. Elle n’a pas progressé comme on pensait qu’elle progresserait, mais elle a pris les moyens pour remédier à cela et c’est tout à son honneur», a soutenu le président de GYM.

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