Lafleur, un joueur d’exception: les débuts à Montréal

Marc de Foy
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Le 10 juin 1971, au lendemain de la retraite de son idole Jean Béliveau, le rêve de Guy Lafleur se réalise.
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Le Canadien le sélectionne au premier rang du repêchage en vertu du choix que le rusé Sam Pollock a obtenu des Golden Seals de la Californie un an plus tôt.
Lafleur signe un contrat de deux ans, d’une valeur estimée à 105 000 $, boni de signature inclus.
Question de le soustraire à une pression additionnelle, Béliveau suggère à son dauphin de porter un numéro autre que le 4, qu’il avait porté brillamment pendant 18 saisons avec le Canadien. Lafleur suit le conseil de son maître à penser et adopte le maillot numéro 10.
Guy Lafleur | 1951-2022 Sous la botte de Bowman
L’adaptation à la Ligue nationale de hockey (LNH) se fera moins facilement que prévu.
Pour commencer, il y a une hiérarchie à suivre chez le Tricolore à l’époque. Les recrues doivent se la fermer et se soumettre à des méthodes strictes.
Les jeunes n’ont d’autre choix puisque le Canadien a remporté la Coupe Stanley la saison précédente.
Les débuts de Lafleur, qui jouera avec un casque protecteur à ses trois premières saisons dans la LNH, coïncident avec l’arrivée de Scotty Bowman derrière le banc du Tricolore.
Bowman l’utilise au centre. Son temps de jeu est rigoureusement contrôlé.
Lafleur se tire tout de même assez bien d’affaire en marquant 27 buts et en amassant 64 points à sa première saison. Il inscrit 28 buts à sa deuxième saison, mais sa production de points chute à 55.
Avant le premier match des séries en 1973, sachant que les Nordiques de Québec de la nouvelle Association mondiale s’apprêtent à soumettre une offre de contrat à Lafleur, Sam Pollock convoque le jeune homme de 21 ans dans son bureau.
Le directeur général du Canadien et l’agent de Lafleur, Gerry Patterson, le forcent à signer une entente de 10 ans, estimée à un million de dollars.
Après la rencontre, le futur beau-père de Lafleur, Roger Barré, arrive de Québec avec une proposition similaire d’un million, mais pour cinq ans seulement !
Lafleur s’informe auprès d’un avocat s’il peut annuler le contrat, mais il n’y a rien à faire. Il se console dans les séries en remportant une première conquête de la Coupe Stanley, récoltant huit points en 17 matchs.
Le fond du baril
Cependant, les choses ne s’arrangent pas la saison suivante. Lafleur termine la saison avec 21 buts et 56 points au compteur.
La colère gronde à Montréal.
Lafleur se fait huer au Forum et son père s’engueule avec les spectateurs qui reprochent au Canadien d’avoir préféré son fils à Marcel Dionne.
Lafleur est malheureux comme les pierres.





