Guy Jodoin: «Gilles Latulippe m'a donné le goût de faire la télé»
Yan Lauzon
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Selon Guy Jodoin, il est impossible d’imaginer à quel point il a écouté la télévision. Le petit écran a donc naturellement teinté la couleur de ce qu’il propose aujourd’hui. Et ses influences sont diverses...
Guy, tout jeune, quelles sont les émissions qui t’ont grandement marqué?

Le matin, j’allais à la maternelle en anglais. Il y avait toujours une grande télévision sur un meuble à roulettes. Pour apprendre notre français, on regardait des émissions en français. Les cent tours de Centour et Les Oraliens m’ont beaucoup marqué. À 6 ans, il y a eu Bobino. C’était vraiment important. Mes frères plus vieux me tapochaient pour regarder leurs émissions américaines, mais j’essayais de garder la télé à Bobino.

Et quels étaient tes rendez-vous d’après-midi?

À 4 heures 30, ce que je réussissais à regarder, c’était ce que j’appelle la pépite d’or: Fanfreluche, Sol et Gobelet, Le Pirate Maboule, Marie Quat’Poches, Nic et Pic, La Ribouldingue, Grujot et Délicat et Le Grenier avec Gérard Poirier. Plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer Gérard Poirier quand j’ai fait de l’improvisation à la radio de Radio-Canada. À 17 ans, je lui ai demandé comment on pouvait faire ce métier-là et il m’a répondu: «Sois unique». Je trouvais ça un peu triste qu’il ne me dise que ça, mais après j’ai compris que c’était de ne pas essayer de copier quelqu’un, de mettre sa propre couleur et que peut-être les gens plus jeunes voudraient te suivre.
J’imagine que tu regardais aussi la télé le soir...

Le samedi, je me faisais une petite soirée. Je commençais avec Bagatelle et après, c’était la Soirée canadienne et le hockey qui faisait vraiment partie de ma jeunesse. On se faisait du popcorn et on s’associait à un joueur. Moi, c’était Yvan Cournoyer, mais quand Guy Lafleur est arrivé, mes grands frères ne pouvaient pas le prendre parce qu’il se prénommait Guy. Dans mon salon, je suis donc devenu une star [...] Je jouais au hockey, mais je n’étais pas bon. J’étais asthmatique et je n’ai compté qu’un but alors j’avais l’impression de réaliser mon rêve de hockey à travers Guy Lafleur.
Quelles ont été tes influences?

Symphorien a été très fort. J’ai rencontré Gilles Latulippe à travers la télé. Il était brillant, beau à voir et avait du fun. Il m’a inspiré. Je me suis dit que je ne voulais pas travailler dans la vie; je voulais jouer. C’est lui qui m’a donné le goût de faire la télé. Tout ce qu’il faisait, je le regardais. Mon humour absurde est né beaucoup avec Pop Citrouille, La Fricassée et Court circuit. Et comme je faisais partie de ceux qui pouvaient regarder ce qu’ils voulaient chez eux, j’ai beaucoup écouté Les Tannants. J’ai aussi énormément écouté Janette; j’ai tout appris ce que j’avais à apprendre auprès d’elle.
Ça fait beaucoup de temps passé devant la télé!
J’ai tellement écouté la télévision! Je l’ai écoutée comme tu peux même pas te l’imaginer. Quand j’arrivais chez moi, je faisais mon plan d’attaque pour la soirée. De 19h à 21h, personne ne prenait la télévision à part moi. C’était très égocentrique. J’écoutais tout et je me promenais. Je ne prenais que le meilleur de chaque poste pour moi.

Guy Jodoin est à la barre du Tricheur pour la 15e et dernière année. L’émission de TVA est diffusée du lundi au vendredi à 18h30. De plus, l’artiste fait partie de la distribution de La dernière communion. Il y joue un frère religieux, tout comme Jean-Pierre Bergeron et Fayolle Jean. La série est offerte en tout temps sur telequebec.tv.