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Guillaume Cyr n’a plus envie d’une carrière à Hollywood

Sabin Desmeules

2026-02-26T11:00:00Z

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Alors qu’il compte 20 ans de métier, Guillaume Cyr est toujours habité par les ambitions de ses débuts. Il a de grandes aspirations. Mais il n’a plus envie d’Hollywood. Il se considère toutefois très privilégié et comblé ! Et si sa carrière lui apporte beaucoup de bonheur, il ne souhaite pas nécessairement que ses enfants choisissent la même voie que lui.

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Il est parrain du Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM), qui aura lieu dans la métropole pendant la relâche scolaire. « Je suis papa, alors je trouvais ça le fun de pouvoir emmener mes enfants au Festival », admet le père d’Edmond, 11 ans, et de Vivianne, 6 ans.

L’acteur, qui a joué dans 1, 2, 3... Géant dans les années 2010, connaît bien le public jeunesse. « C’est le public le plus franc que tu pourras jamais avoir, parce qu’il ne sait pas quand il peut te blesser ! Ça fait que c’est : “Wow, c’est malade !” ou “Ark, c’est plate !” Le grand public ne viendra jamais te voir pour te dire en pleine face : “Ark, c’est plate !” Un enfant va te le dire sans avoir peur de te blesser. C’est un public très rough, mais quand il t’aime, il t’aime en tabarouette !, admet-il. Je me souviens des fois où on allait faire des spectacles de 1, 2, 3... Géant: les enfants nous serraient dans leurs bras et on était accueillis comme si on était les Beatles ! »

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Enfant, par quels films a-t-il été marqué ? «Mon ami Willy a été un grand film marquant de ma jeunesse. E.T. est le film sur lequel j’ai le plus braillé. Et Les aventuriers du timbre perdu et Matusalem ont été très marquants. » Encore aujourd’hui, il lui arrive de revoir certains de ses classiques et en a fait découvrir à ses enfants. « Récemment, on a regardé Capitaine Crochet, de Steven Spielberg, en famille. C’est un chef-d’œuvre ! »

Mais il fait une confession : « Je dois avouer que je ne vais pas beaucoup voir des films au cinéma avec mes enfants. Je pense que c’est une pratique qu’on a peut-être un petit peu perdue avec la pandémie et qu’il faut s’y réhabituer. On est vraiment envahis par les plateformes, constate-t-il. Mais, par contre, je dirige beaucoup ce que mes enfants regardent sur les plateformes. »

Transmettre l’amour de la culture

Alexandra, sa conjointe de longue date et la mère de ses enfants, travaille dans le domaine du cinéma : elle est première assistante réalisatrice. « Tous nos œufs sont dans le même panier. » 

Guillaume avec sa conjointe Alexandra en 2025.
Guillaume avec sa conjointe Alexandra en 2025. Bruno Petrozza / TVA Publications

À chaque occasion, les parents transmettent à leurs enfants leur amour de la culture. « Nos enfants sont déjà venus souvent sur des plateaux de tournage. Et je pense que cette génération-là est née avec des écrans. On consomme beaucoup de télé, on consomme beaucoup de films, note-t-il. Là, pendant la semaine de relâche, avec le Festival, on le fera avec le plaisir d’aller le faire dans une salle de cinéma, avec du popcorn, et non dans mon divan ! Ça va se transformer en beaux moments familiaux ! » Frère et sœur se chicanent rarement pour les choix de films. « Vivianne étant la plus jeune, elle a beaucoup été habituée à regarder des émissions pour les plus vieux de l’âge à Edmond. Alors elle a l’habitude de regarder du stock pour un peu plus vieux que son âge. En général, ils s’entendent vraiment bien là-dessus ! Il y a des soirs où c’est Edmond qui choisit, d’autres où c’est Vivianne, mais en général, ça plaît souvent aux deux... »

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Et si ses enfants voulaient faire ce métier difficile ?

À l’écran, Guillaume a fait des choses qui peuvent laisser croire à un enfant que c’est amusant d’être acteur. A-t-il donné envie à Edmond et Vivianne l’envie de faire ce métier ? « Je pense qu’ils ont tellement grandi avec ça – mes enfants m’ont vu dans 1, 2, 3... Géant. Ça fait longtemps qu’ils savent que papa est acteur. On a toujours fait avec. Ce n’est pas étrange pour eux, mais ce n’est pas extraordinaire non plus. Ça fait partie de notre routine, de notre quotidien. Le métier d’acteur, moi, je n’ai jamais poussé dans ce sens-là (pour eux). Si, à un moment donné, ils en montrent l’intérêt, on fera des choses en conséquence. Je ne suis vraiment pas le genre de papa à pousser, parce qu’encore, à 43 ans, je continue de trouver ce métier-là très difficile ! Même si, moi, je l’ai facile. Je considère que je suis quelqu’un de très chanceux ! J’ai de super belles opportunités... mais ça continue d’être quand même un métier stressant, et tout ça ! Je ne sais pas si je souhaite ça tant que ça à mes enfants. Mais si c’est ce qu’ils veulent faire, je vais faire comme mes parents ont fait avec moi : ils m’ont toujours encouragé, même s’ils trouvaient ça très stressant comme choix de carrière. Je vais continuer dans cette lignée-là. Si c’est ce qu’ils aiment et qu’ils veulent faire, on va s’asseoir et on va en jaser. » Mais Guillaume n’a pas à réfléchir à cette idée en ce moment, car aucun de ses deux enfants ne s’est levé un matin et a dit : “Papa, je veux jouer la comédie, moi aussi !” « Du moins, pas encore ! »

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Le fier papa en compagnie de son ainé, Edmond, l’an dernier.
Le fier papa en compagnie de son ainé, Edmond, l’an dernier. Bruno Petrozza / TVA Publications

Sa voix dans un Disney/Pixar

Le comédien prêtera sa voix à l’un des personnages principaux d’un nouveau film d’animation de Disney/Pixar. On l’entendra dans Sauteurs en version québécoise, où il jouera un castor optimiste, le roi Georges, régnant sur un étang. « J’ai déjà fait du doublage de dessins animés... Souvent, même ! C’est juste que c’est la première fois que je fais un rôle central et que mon nom est sur la publicité. C’est mon plus gros rôle en doublage ! Je trouve ça juste vraiment le fun ! Tant mieux si je suis rendu à ce niveau dans ma carrière, où mon nom peut inciter les gens à aller voir au cinéma. J’en suis heureux, parce que j’ai vu pas mal tous les Pixar. Et j’en ai regardé un méchant paquet avec mes enfants ! Ç’a toujours été des films vraiment incroyables ! Et ça l’est de plus en plus à chaque fois ! Quand tu vois un Pixar, tu ris, tu brailles, t’es touché puis t’as le goût de le revoir. Ça, c’est quand même une marque de qualité assez incroyable pour un film ! Alors le fait de participer à ça avec un rôle un peu de tête d’affiche, eh bien, pour moi, ce n’est que du bonheur ! »

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20 ans de carrière

Mine de rien, à 43 ans, il compte 20 années de carrière. Est-il, aujourd’hui, là où il voulait être à ses débuts lorsqu’il était un jeune acteur ? « Je mentirais de dire que je n’avais pas de très grandes ambitions. J’avais de très grands rêves. Et on dirait que, dernièrement, j’ai un peu réalisé que j’avais coché beaucoup, beaucoup de cases d’objectifs que je m’étais fixés plus jeune. » Il en remercie la vie. « C’est drôle, parce qu’il y a des matins où je me lève et je me considère encore comme un jeune acteur affamé de grands rôles. Puis, d’autres matins, je me lève et je me dis : « Mon Dieu, je suis chanceux d’avoir fait ça, puis d’avoir fait ça, puis d’avoir fait ça ! » Je suis très reconnaissant. Mais je trouve ça beau aussi, d’avoir encore faim. Pas de manière malsaine, comme quelqu’un qui en veut toujours plus sans jamais être comblé, mais de manière à juste avoir hâte à la prochaine affaire. J’aime encore tellement ça !

En décembre 2024 sortait The Sticky, sur Prime Video. Il était en vedette dans cette série produite par Jamie Lee Curtis et distribuée dans le monde entier. Guillaume était enthousiasmé par cette aventure tournée en anglais qui allait peut-être lui permettre de se tracer un chemin jusqu’à Hollywood. « Les États-Unis n’étaient pas du tout le même pays, à cette époque. Avec ce qui se passe actuellement là-bas, au niveau politique, pour moi, les portes se sont fermées d’elles-mêmes. Je n’ai pas du tout le même désir d’aller y travailler. Le rêve s’est déplacé... »

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Comment entrevoit-il la suite des choses ? « Je veux que ça continue. Il y a de belles nouvelles qui me sont arrivées dernièrement (je ne peux rien annoncer). Je suis content parce que la vie fait en sorte que je vais commencer d’autres projets stimulants et tout ça. En autant que je puisse continuer de faire ce métier-là, que ce métier-là continue d’exister, je suis heureux ! Je souhaite que les conditions de travail arrêtent de se désagréger. Je ne veux pas juste que ce métier-là survive, je veux que ce métier-là vive encore de belles années ! »

Guillaume Cyr est parrain de la 29e édition du Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM), qui a lieu du 28 février au 8 mars (fifem.com). Et on pourra entendre sa voix dans le film d’animation Sauteurs, qui sort en salle le 6 mars.

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