Guerre en Ukraine, le jackpot!


Richard Latendresse
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La religion a pris le bord, mais je suis persuadé que, tous les jours, des lampions sont allumés dans les églises du monde occidental pour Vladimir Poutine. Grâce à lui, les marchands d’armes font des affaires d’or en Europe.
Je l’ai déjà écrit, «Poutine aura eu tout faux», et chaque semaine de guerre qui se prolonge en Ukraine joue davantage encore contre lui, contre la Russie et contre tous ceux et celles pris sous les bombes et l’armement, toujours plus sophistiqué, utilisé dans ce conflit.
On bombarde à un tel rythme le long de la ligne de front que chaque camp soupçonne l’autre d’arriver au bout de ses capacités. Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, avançait que l’armée russe souffrait «d'une pénurie significative de missiles d'artillerie».
Parallèlement, le quotidien Le Monde, citant une batterie d’experts, concluait que «les réserves occidentales [en armement] s’amenuisent et des matériels seraient à un niveau critique».
Il faut dire, pour reprendre les chiffres du grand journal français, que Russes et Ukrainiens auraient respectivement tiré jusqu’à 60 000 et 20 000 obus PAR JOUR au plus fort des combats l’été dernier. Ça amincit vite un arsenal!
Refaire les stocks
Où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie, et où les hommes s’entre-tuent, il y a un profit à tirer. Récemment, selon POLITICO, les Européens commençaient à en vouloir aux Américains qui, citant une source anonyme, «profitent le plus de cette guerre, parce qu'ils vendent plus de gaz et à des prix plus élevés, et parce qu'ils vendent aussi plus d'armes».
Cela dit, les Européens de l’est ne sont pas en reste, leur industrie de l'armement produisant, d’après un décompte de l’agence Reuters, des armes à feu, des obus d'artillerie et d'autres fournitures militaires à un rythme jamais vu depuis la Guerre froide.
Prenez les Bulgares, par exemple. Au sein de l’OTAN, il n’y a qu’eux et les Hongrois qui refusent d’armer directement les Ukrainiens. Pourtant, comme l’a constaté le média en ligne Euractiv, la Bulgarie s'est révélée être l'un des plus grands fournisseurs indirects d’armement à l’Ukraine.
C’est que l’industrie militaire bulgare, à la botte de l’URSS pendant sept décennies, s’avère aujourd’hui l'une des meilleures sources de munitions aux normes soviétiques pour l'armée ukrainienne, encore équipée de ces vieux systèmes d'armement. Et on sauve la face à Sofia, en vendant aux Polonais et aux Roumains qui, eux, transfèrent le tout aux Ukrainiens.
Une industrie gênante
On s’entend, la guerre est la pire des saloperies. Il y a les victimes sur le terrain, les misères au quotidien et des déplacés et réfugiés par centaines de milliers. Il n’y a rien de gai, non plus, à voir la Russie isolée, ostracisée et hostile pour des générations.
L’industrie de l’armement, certes, crée des emplois et paie des impôts qui, eux, financent des soins de santé, contribuent à l’amélioration des infrastructures et nous permettent de maintenir notre niveau de vie.
On souhaite aux Ukrainiens de résister à l’agression russe, et mieux encore. Il faut, tout de même, se garder une petite gêne: chaque nouvelle bombe qui explose enrichit immanquablement quelqu’un quelque part.
PRINCIPAUX PAYS EXPORTATEURS D’ARMEMENTS (2017-2021)
- États-Unis 39%
- Russie 19%
- France 11%
- Chine 4,6%
- Allemagne 4,5%
PRINCIPAUX PAYS IMPORTATEURS D’ARMEMENTS (2017-2021)
- Inde 11%
- Arabie saoudite 11%
- Égypte 5,7%
- Australie 5,4%
- Chine 4,8%
(Source : SIPRI Yearbook, 2022)
EXPORTATIONS DE L’INDUSTRIE CANADIENNE DE LA DÉFENSE (2020)
Vers...
- États-Unis 49%
- Moyen-Orient et Afrique 26,5%
- Europe (sauf Royaume-Uni) 10,3%
- Asie et Océanie (sauf Australie et Nouvelle-Zélande) 7%
- Royaume-Uni 3,3%
(Source: Innovation, Science et Développement économique Canada, 2022)