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Guerre d’usure à venir avec les manifestants

Photo portrait de Erika Aubin

Erika Aubin

2022-02-01T04:05:41Z

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Il est encore trop tôt pour couper les vivres ou user de force contre les manifestants qui refusent de quitter Ottawa, estiment des experts qui croient que les autorités policières doivent éviter de mettre de l’huile sur le feu.

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« Tant qu’il n’y a pas de dangers ou de casse, [les policiers vont] mettre la pédale douce au maximum. La planète regarde, ça ne donne rien d’avoir des confrontations », estime André Durocher, inspecteur retraité du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).  

Après trois jours de manifestation, la pression s’accentue sur les forces policières : le maire d’Ottawa ainsi que des politiciens souhaitent le départ de ceux qui paralysent la ville. Des résidents n’en peuvent plus d’entendre le bruit des klaxons qui les empêchent de dormir.

La police d’Ottawa pourrait couper court « au convoi de la liberté », par exemple en bloquant l’entrée à un périmètre pour que les gens ne puissent pas se ravitailler en essence, eau et nourriture. Une technique mainte fois utilisée par le passé, explique André Gélinas, sergent-détective retraité du SPVM.

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Les avoir à l’usure

« Avec le froid, ils ne pourront pas durer longtemps sans essence. Quand les gens ont froid, soif et faim, la motivation baisse rapidement. Tu te retrouves assez vite avec une reddition », soutient-il. 

Or, il est encore tôt dans la crise pour entreprendre des moyens coercitifs, estiment plusieurs ex-policiers consultés.

« Tant qu’il n’y a pas une tension sur les lieux ou des risques pour la propriété ou la vie [d’autrui], on veut éviter des interventions qui pourraient mener à une escalade de la violence », explique Marcel Savard, ex-directeur adjoint de la Sûreté du Québec.

Selon lui, les forces policières en sont encore à essayer de convaincre les moins récalcitrants de partir de plein gré avant de devoir intervenir contre le noyau dur.

« On tente de discuter avec les leaders des groupes, de les sensibiliser aux conséquences pour les amener à partir. Certains ont beaucoup à perdre en restant là. Cela a un coût énorme pour eux aussi », dit-il. 

« Maintenant que le party est fini, des gens vont se fatiguer. On espère que le froid va avoir raison de certains. La foule va diminuer avec le temps », croit
Stéphane Wall, policier retraité du SPVM spécialisé en usage judicieux de la force.

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