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Guerre au Moyen-Orient: comment l’Iran peut se défendre

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Photo portrait de Normand Lester

Normand Lester

2026-03-07T05:00:00Z
2026-03-07T05:10:00Z

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Donald Trump a tenté de justifier sa décision de participer à l’attaque israélienne en disant qu’il voulait protéger les États-Unis d’une frappe iranienne imminente. Rien n’indique que ça aurait été le cas.

Les forces des États-Unis et d’Israël sont en train d’infliger des pertes catastrophiques à l’Iran. Ses infrastructures clés sont lourdement endommagées. L’affaiblissement de ses capacités de défense assure la dominance aérienne totale du pays à ses adversaires. Au moins 153 villes et plus de 2000 sites ont déjà été frappés.

Des analystes militaires ont été surpris par la faiblesse des défenses iraniennes. Et sa riposte est jugée « désorganisée » et moins efficace que prévu. Les forces militaires iraniennes ont été grandement affectées par les frappes israélo-américaines sur ses radars, ses bases de drones et une partie importante de ses rampes de lancement de missiles balistiques. Sa marine a été complètement détruite.

Tout cela s’est déroulé malgré des forces régulières imposantes — la septième puissance militaire de la planète —, qui comptent de 350 000 à 420 000 membres et auxquelles il faut ajouter le Corps des gardiens de la révolution (120 000-200 000 combattants), pour un effectif total qui dépasse les 600 000.

C’est sans oublier la milice Bassidj, qui compte des millions de volontaires et pourrait mener une guerre de guérilla si jamais les Américains et les Israéliens osaient déployer des « bottes sur le terrain ».

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L’appui discret des Russes et des Chinois

Malgré les revers subis, l’Iran se dit prêt pour une guerre longue. Téhéran compte sur le soutien de la Russie et de la Chine. Moscou et Pékin agissent de manière prudente pour éviter une confrontation directe avec les États-Unis.

La Russie fournit à l’Iran des hélicoptères d’attaque, des systèmes de défense aérienne et des avions de combat. Elle l’aide aussi à renforcer ses capacités orbitales, lançant plusieurs satellites iraniens pour surveiller les bases israéliennes et américaines au Moyen-Orient. Des spécialistes russes ont formé des équipes en Iran et se trouveraient toujours sur place dans le cadre du partenariat militaire stratégique entre les deux pays. En échange, l’Iran fournit des drones et des missiles à la Russie pour sa guerre en Ukraine.

La Chine de son côté a un accord « pétrole-contre-armes » avec l’Iran : elle achète son pétrole et lui fournit en échange armes et renseignements. Le navire-espion chinois Da Yang Yi Hao observé en mer d’Arabie est capable de surveiller les sous-marins, de recueillir des données sonar et de suivre les mouvements des navires de guerre américains.

Pékin offre aussi à Téhéran une aide militaire discrète fournissant des missiles et des capacités informatiques lui donnant les moyens de mener des cyberattaques contre des infrastructures critiques des États-Unis.

L’« axe de la résistance »

Malgré l’affaiblissement de ses forces conventionnelles, les experts craignent que l’Iran ne recoure à des méthodes de guerre asymétriques pour frapper des cibles internationales. Le pays, considéré comme l’État soutenant le plus le terrorisme, a un vaste réseau d’agents clandestins pour frapper les intérêts israéliens et américains, ou les citoyens de pays adverses considérés comme des « cibles légitimes ».

Au Moyen-Orient, Téhéran s’appuie sur son « axe de la résistance », les milices chiites pro-iraniennes : le Hezbollah au Liban, les Hachd al-Chaabi en Irak, et les Houthis au Yémen.

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