Guerre des tarifs: un casse-tête pour les concessionnaires automobiles


Marianne Langlois
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La menace d’imposition de tarifs douaniers sur l’industrie automobile a de quoi faire perdre la tête à des concessionnaires du Québec.
«Je n’ai jamais vu ça de ma vie, ça fait 19 ans que j’achète des voitures et je n’ai jamais vécu une situation aussi instable», commente Kevin Croze, directeur des achats chez St-Jérôme Auto-Dépôt.
Mardi, les tarifs douaniers de 25% mis en place par l’administration Trump ont fait chuter la popularité de certains véhicules américains.
«Il y a eu une diminution de la vente des modèles de tout ce qui est Siera, Silverado, Ford, et [certains] Ram. Il y a aussi eu une baisse du prix d’achat de 25-30% lors de l’encan», rapportait M. Croze au Journal mardi matin.
Puis, hier, la situation a complètement basculé alors que la Maison-Blanche a annoncé un sursis d’un mois pour l’industrie automobile sans autres détails.
«C’est le bordel! J’ai reçu 5-6 appels en 20 minutes de la part de gens qui venaient de vendre leur véhicule à l’encan et qui voulaient les racheter pour plus cher. Trump a fait perdre des milliers de dollars aux Canadiens qui ont vendu leur voiture hier», mentionne M. Croze.

«Il y a beaucoup de questionnements. Pour le neuf, les gens attendent. Je pense que les exportateurs vont profiter des prochaines semaines pour racheter des voitures ici avant de les envoyer aux États-Unis où le marché est très lucratif. Mais on va revivre la même situation dans un mois», déplore-t-il.

Impossible de prédire l’avenir vu le caractère imprévisible du président américain.
«Ma boule de cristal est très embuée! En gros on revient à ce qui existait avant le 4 mars. Il y avait quelques petits tarifs ou des surtaxes en place, mais on ne sait pas ce qui arrivera dans un mois», observe Steeve De Marchi, directeur général de l’Association des marchands de véhicules d’occasion du Québec.
«Ça va brasser l’industrie, ça va favoriser la vente au détail des véhicules d’occasion au pays et on ne sait pas comment le consommateur va réagir encore pour la suite, ajoute-t-il. Va-t-il se dépêcher d’aller acheter des véhicules? À ce moment-ci, ce sont des spéculations».
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Pour ce qui est des pièces automobiles, la situation varie selon leur provenance, même si une augmentation des prix avait déjà été observée dans certains cas.
«Peut-être que ça va avoir un impact positif pour nous comme les gens vont vouloir conserver et réparer leur voiture, mentionne Patrick Cloutier, propriétaire de Supra-Z pièces d’auto. De mon côté, 80% c’est de l’importation chinoise, mais on va voir ce qui arrive dans les prochaines semaines pour les pièces américaines comme certaines entreprises ont des usines qui ont été transférées au Mexique».
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