Guerre commerciale: «L’administration Trump n’utilise pas les tarifs de façon traditionnelle»
Agence QMI
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Les tarifs douaniers mis en place par l’administration Trump sont avant tout un levier de négociation, ce qui diffère des autres instances lors desquelles ces sanctions commerciales ont été appliquées dans l’histoire des États-Unis, selon le professeur émérite au département de sciences politiques à l’UQAM, Christian Deblock.
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En entrevue avec Mario Dumont, M. Deblock estime que peu importe ce que Donald Trump affirme, il cherche avant tout à obtenir des concessions en l’échange du retrait de droits de douane.
«L’administration Trump n’utilise pas les tarifs de façon traditionnelle, c’est-à-dire pour ramener des emplois aux États-Unis, dit-il. C’est une dimension, mais son véritable objectif est d’obtenir des concessions. La vraie question qu’il faut se poser, c’est qu’est-ce qu’elle veut exactement?»
«C’est comme ça que je vois les choses parce que c’était comme ça lors du premier mandat [de Donald Trump], continue-t-il. On avait une attitude très agressive pour forcer l’autre à agir afin de faire des concessions.»
Le professeur émérite au département de Sciences politiques à l’UQAM avance que la conférence de presse d’Ottawa concernant la riposte aux derniers tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium a montré un front commun qui sera important pour la suite des choses.
«Je retiens une ligne forte, ferme, vis-à-vis les États-Unis, avec un discours qui parle d’alliés et qui parle d’amis, alors que pour monsieur Trump, il n’y en a pas, avance-t-il. Il y a aussi le message qui est adressé à tout le monde, soit celui qu’on ne parle que d’une seule voix, et cette voix, c’est Ottawa qui l’a.»
«Je pense qu’on ne peut pas continuer à avoir des attitudes comme monsieur Ford, un peu de matamores, de coq bassecour, ajoute-t-il. Je pense qu’il y a un rappel à l’ordre de tout le monde, et avec aussi peut-être certaines perspectives qui commencent à s’ouvrir sur commencer à réfléchir pour sortir de cette dépendance vis-à-vis des États-Unis.»
Cependant, il sera difficile selon lui de réellement négocier avant le 2 avril.
«Pour le moment, je pense que c’est clair, on réagit à l’attitude américaine en ce qui a trait aux tarifs, mais encore une fois, les choses seront dures et la chose la plus dure arrivera le 2 avril, mentionne-t-il. L’administration Trump aura toutes les cartes en main pour définir sa politique, ce qu’elle n’a pas pour le moment.»
Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus