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Guerre au Moyen-Orient: une compagnie d'ici peine à rapatrier des employés

Zoé Arcand

2026-03-09T04:00:00Z

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Tout est à recommencer pour une entreprise d’ici qui tente de rapatrier deux employés coincés au Moyen-Orient alors que le vol qui devait les ramener à Montréal a été annulé.

« Le vol est annulé, on ne sait pas pourquoi. C’est fatigant, c’est la troisième fois depuis le début de la saga », a déploré Dereck Tanguay dimanche soir.

Il se trouvait à l’aéroport de Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite, avec son collègue Éric Bourdon.

Dereck Tanguay et Éric Bourdon, deux employés de Show Canada coincés au Qatar qui attendent de monter à bord de l'avion qui doit les ramener à Montréal. Photo fournie par Dereck Tanguay le 8 mars 2026
Dereck Tanguay et Éric Bourdon, deux employés de Show Canada coincés au Qatar qui attendent de monter à bord de l'avion qui doit les ramener à Montréal. Photo fournie par Dereck Tanguay le 8 mars 2026 Photo fournie par Dereck Tanguay

Ils espéraient prendre un vol pour rentrer au Québec après plus d’une semaine coincés au Moyen-Orient. Mais ils n’ont « jamais embarqué » dans l’avion qui devait les ramener au bercail.

Rayonnement international

Les deux techniciens, employés par Show Canada, se trouvaient initialement à Doha, la capitale du Qatar, pour le travail.

« On a connu les guerres récentes à travers des militaires. Mais que deux civils québécois se retrouvent en zone de guerre alors qu’ils allaient travailler, c’est nouveau pour tout le monde », a soufflé Pierre Marchand, le vice-président de l’entreprise québécoise.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Ses équipes conçoivent et construisent des éléments scéniques et d’architecture spécialisés.

Dereck Tanguay et Éric Bourdon étaient en mission pour un simple « entretien préventif annuel » sur une installation au Mall of Qatar, a expliqué leur patron.

La structure du Mall of Qatar sur laquelle travaillaient Dereck Tanguay et Éric Bourdon
La structure du Mall of Qatar sur laquelle travaillaient Dereck Tanguay et Éric Bourdon Photo tirée de la zone média du Mall of Qatar

Mais quand le conflit a éclaté entre les États-Unis, Israël et l’Iran le 28 février dernier, les deux techniciens montaient dans un avion qui devait les ramener à Montréal.

À ce moment, rien ne laissait entrevoir « que Show Canada allait se retrouver au centre d’une situation géopolitique majeure », a assuré M. Marchand.

Comme de fait, quelques minutes après son envol, l’engin a fait demi-tour et les deux hommes se sont retrouvés à nouveau sur le tarmac.

Ils ont ensuite été installés dans un hôtel par la compagnie aérienne qui devait les ramener à la maison.

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« Leur chambre donnait sur le Golfe. Ils ont été témoins de missiles, de sons et d’images desquelles ils se seraient bien passés », a souligné leur patron.

La vue de la chambre d'hotêl de Dereck Tanguay à Doha
La vue de la chambre d'hotêl de Dereck Tanguay à Doha Capture d'écran lors d'un appel sur Whatsapp

« Cellule de communication »

Rapidement, une « cellule de communication » a pris forme dans les bureaux de l’entreprise à Laval où « toute l’équipe travaille à rapatrier [les deux] hommes. Les nuits sont courtes et les journées sont longues », a lancé M. Marchand.

L’objectif initial a été de sortir ses employés de la « zone rouge » où ils se trouvaient, a-t-il indiqué.

Le plus gros défi a été d’identifier « l’information fiable » et de conjuguer avec le peu de communication des autorités.

Constatant que l’Arabie saoudite affichait un niveau de risque moins élevé, c’est vers Riyad qu’ils ont envoyé Déreck Tanguay et Éric Bourdon.

Frustration

Comme d’autres Québécois, ils ont pris la route dans le désert vers ce lieu plus sûr. Quatre autres personnes sous la responsabilité de Show Canada s’y trouvaient déjà.

« On n’est plus exactement juste dans l’inquiétude, mais plutôt dans la frustration », a lancé le vice-président.

« Car cette métropole est la principale voie de sortie pour quitter le Moyen-Orient. Les places à bord des avions se font rares, coûtent cher et il n’est pas certain que les vols décollent », a expliqué M. Marchand.

Les billets d’avion annulés, les chambres d’hôtel et le transport font monter la facture de l’opération « dans les cinq chiffres, estime-t-il. Mais le vrai coût, c’est l’anxiété, l’inquiétude et la nervosité ».

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