L’annonce d’un possible accord entre Washington et Téhéran a suscité un certain optimisme samedi. Donald Trump et le médiateur pakistanais affirment qu’une entente pourrait être conclue dès dimanche, mais un analyste politique rappelle que la paix est encore loin d’être acquise.
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Donald Trump a indiqué qu’une entente serait conclue dimanche, jour de son 80e anniversaire, sur sa plateforme Truth Social. La diplomatie iranienne, quant à elle, n’a pas confirmé de signature à cette date, préférant évoquer une conclusion dans « les prochains jours ».
Même si les discussions semblent progresser, l’analyste Georges Mercier rappelle qu’il n’est pas question d’un accord de paix à proprement parler.
« C’est un accord-cadre qui met en place les conditions dans lesquelles on va commencer à négocier, notamment sur la question du nucléaire iranien. Donc oui, si accord-là est signé le détroit d’Ormuz pourrait être réouvert à plus ou moins brève échéance, l’Iran s’engagerait à ne pas chercher un programme nucléaire, mais néanmoins ce n’est pas la paix. Ce n’est pas la paix, en fait c’est une mise de fonds pour la paix éventuellement », a-t-il expliqué aux ondes de LCN, samedi.
Face aux obstacles qui ont freiné la conclusion de cet accord-cadre, M. Mercier estime qu’une entente de paix sera encore plus dure à négocier. Mais qu’est-ce qui rend si difficile un rapprochement entre Washington et Téhéran ?

« D’abord, Donald Trump n’est pas certain lui-même de ce qu’il est prêt à concéder aux Iraniens et les Iraniens ne l’aident pas parce qu’ils ne cessent pas d’annoncer des concessions peut-être plus grandes que ce qu’il y a véritablement dans cet accord-là », a indiqué l’analyste.
Un autre élément à considérer est l’absence de changement au sommet du régime iranien depuis le début du conflit. La guerre a toutefois bouleversé les équilibres internes parmi ceux qui prennent les décisions.
« Vous avez des gens plus extrémistes qui ne veulent rien concéder aux Américains et des gens plus modérés qui acceptent de faire des concessions. Lorsque les Iraniens négocient avec les Américains, ils doivent s’assurer d’avoir un consensus chez eux. Et ce qui se passe probablement en Iran, c’est qu’il y a encore des dissensions à l’intérieur du régime entre les extrémistes et les modérés », a-t-il fait valoir.
Hélicoptère abattu
Les tensions ont grimpé plus tôt cette semaine lorsque Donald Trump a accusé l’Iran d’avoir abattu un hélicoptère américain au-dessus du détroit d’Ormuz. Deux séries de frappes contre l’Iran ont ensuite été menées mercredi.
Selon Georges Mercier, le drone qui aurait visé l’hélicoptère pourrait être l’œuvre des factions les plus radicales du régime iranien, qui s’opposent à toute entente et souhaitent voir le conflit se poursuivre.

« Il faut aussi rappeler ça : tant et aussi longtemps qu’il y a un conflit actif, le régime politique à Téhéran est beaucoup plus fermement installé au pouvoir, et que dès lors qu’il y a une cessation des hostilités, parce que pour un régime politique quel qu’il soit, prétendre une invasion, prétendre une guerre, c’est une manière de se maintenir au pouvoir », a-t-il expliqué.
Samedi, des attaques de drones iraniens contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz ont d’ailleurs été rapportées.
« Ces drones-là, [...] c’est une manière encore une fois pour des factions plus extrêmes de ralentir les choses, de faire capoter les négociations », a-t-il ajouté.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.
